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Affaire Airbus : Mulroney poursuit Ottawa

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Contexte
Le 29 septembre 1995, le ministère canadien de la Justice envoie une demande d'aide aux autorités suisses laissant faussement entendre que, selon la GRC, Brian Mulroney et deux autres personnes auraient reçu des commissions lors de l'achat de 34 avions Airbus par Air Canada, en 1988.

Le 20 novembre 1995, les avocats de Brian Mulroney déposent devant la Cour supérieure du Québec une poursuite en diffamation de 50 millions de dollars contre le gouvernement fédéral. Comme le rapporte Daniel L'Heureux, l'ex-premier ministre reproche à Ottawa de l'avoir traité comme un criminel.

Le 18 novembre 1995, le Financial Post de Toronto révèle les allégations de la lettre envoyée à la Suisse par le ministère de la Justice, à la demande de la GRC. Selon le journal, la GRC y suspectait Brian Mulroney, Frank Moores, ancien premier ministre de Terre-Neuve, et l'industriel allemand Karlheinz Schreiber d'avoir reçu des commissions lors de la vente d'avions fabriqués par Airbus.

La même journée, Brian Mulroney nie toute implication dans l'affaire et déclare n'avoir jamais eu de compte en Suisse ni touché aucun pot-de-vin.

En janvier 1997, au moment où devait commencer le procès, les avocats de Mulroney et ceux du gouvernement signent un règlement à l'amiable. À la suite de cette entente, Brian Mulroney reçoit des excuses publiques de la part du gouvernement canadien et une compensation financière pour rembourser ses frais d'avocat.

Le 22 avril 2003, après huit ans d'enquête, la GRC annonce qu'elle ferme son dossier Airbus.
Le saviez-vous?
• La transaction de 1988 entre Airbus et Air Canada, évaluée à 1,8 milliard de dollars, constituait le plus important contrat d'achat d'avions de toute l'histoire de l'aviation civile canadienne.

• Au cours de son enquête, la GRC n'a jamais interrogé Brian Mulroney malgré les soupçons à son égard. En novembre 1995, l'ex-premier ministre offre sans succès aux enquêteurs de les rencontrer afin de leur donner sa version des faits.

• En octobre 1997, la GRC verse un peu plus de 2 millions en dommages et intérêts à Brian Mulroney, dont 1,4 million pour rembourser ses frais d'avocats, et 600 000 $ pour le défrayer des services d'une firme de relations publiques.

• Avec l'entente à l'amiable, Brian Mulroney renonce à sa réclamation initiale de 50 millions, car la somme d'argent aurait été puisée dans les caisses de l'État.

• Dans un livre publié en 1998, le professeur de droit William Kaplan affirme que le premier ministre Jean Chrétien aurait empêché le ministre Allan Rock de s'excuser auprès de Brian Mulroney en 1995.

• Lors d'une entrevue accordée à Stéphan Bureau en 1999, Brian Mulroney confie au journaliste que sa famille et lui ont grandement souffert de l'affaire Airbus. (Voir le clip de cette entrevue dans notre dossier sur Brian Mulroney)

• En 2000, le gouvernement allemand accuse l'homme d'affaires germano-canadien Karlheinz Schreiber d'évasion fiscale. Les autorités allemandes lui réclament 23 millions de dollars, montant qu'il aurait omis de verser en impôt sur des commissions reçues entre 1988 et 1993, lors de transactions d'affaires.

• En mai 2004, la Cour supérieure de justice de l'Ontario ordonne l'extradition de Schreiber vers l'Allemagne afin qu'il y soit jugé. Ce dernier, alors âgé de 70 ans, a versé une caution de 1,2 million de dollars pour obtenir sa mise en liberté.
Infos

Affaire Airbus : Mulroney poursuit Ottawa

Média : Télévision

Émission : Téléjournal

Date de diffusion : 20 novembre 1995

Invité(s) : Luc Lavoie, Allan Rock

Ressource(s) : Daniel L'Heureux, Michèle Viroly

Durée : 3 min 06 s

Dernière modification :
19 novembre 2004