Aller au menu Plan du site

« Ni Blancs ni Indiens »

Accueil · « Ni Blancs ni Indiens »
Contexte
Depuis 2002, la fédération nationale métisse (Métis National Council) propose une définition de « Métis ». Pour l'association, un Métis doit s'identifier comme appartenant à cette nation, détenir des ancêtres issus de la nation métisse historique, ne pas être membre d'un autre groupe autochtone et être reconnu comme Métis par sa communauté.

En 1978, un jeune Métis, Roger Sabot, parle de la gêne qu'ont certains Métis à afficher leur origine. Il décrit aussi la façon dont les écoles du Manitoba enseignent la vie du Métis le plus connu, Louis Riel.

Dès le 17e siècle, des familles métisses se forment en Nouvelle-France. Cependant, ce n'est qu'au début du 19e siècle que des Métis se définiront comme un peuple distinct. Installés dans l'Ouest pour faire la traite des fourrures, ils y forment 80 % de la population et parlent surtout le français. Les Métis de l'époque ont souvent un mode de vie nomade. Ils effectuent le transport de marchandises sur des chariots, chassent le bison dans la prairie sauvage et vendent aux traiteurs le pemmican, une préparation de viande séchée.

La pendaison de Louis Riel porte un dur coup aux Métis. Vu comme un traître pour avoir pris les armes contre le Canada, son rôle historique a longtemps été occulté par les institutions officielles. De ce gommage a découlé un sentiment d'infériorité chez plusieurs Métis. Souvent, de jeunes Métis ont renié leurs racines pour adopter la culture eurocanadienne.

Ce mouvement semble s'être légèrement atténué puisqu'en 1981, le recensement de Statistique Canada dénombre 100 000 Métis au Canada alors que celui de 1996 en compte 210 190.
Le saviez-vous?
• Les Métis ont eu de nombreuses appellations. Ils ont porté tour à tour les noms de metchifs, de bois-brûlés, de chicots, de sang-mêlés et de « half-breeds » (pour les Métis d'origine écossaise ou irlandaise).

• La Loi sur les Indiens de 1876 confère un statut de citoyen inférieur aux Amérindiens du Canada et laisse les Métis dans un vide juridique.

• En 1886, le gouvernement canadien accorde une amnistie générale aux Métis ayant participé à la bataille de Batoche.

Le dialecte des Métis, le « méchif » ou « michif », un mélange d'anglais, de français et de langues amérindiennes, s'est perdu au fil du temps. Ce patois se caractérise par un accent particulier, l'usage de mots français obsolètes et une transformation des « é » et des « o » en « i » et en « ou ».

• En 1983, selon Statistique Canada, les Métis ont un niveau de scolarité inférieur à la moyenne canadienne.

• Le drapeau des Métis présente un 8 horizontal blanc sur fond bleu. Le symbole de l'infini y représente l'union de deux cultures distinctes chez les Métis.

• L'étendard métis est le plus vieux drapeau indigène au Canada. Il est brandi pour la première fois en 1816, lors de la bataille des Sept-Chênes, où les Métis de la Compagnie du Nord-Ouest affrontent les hommes de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Presque oublié pendant des décennies, le drapeau métis est officialisé en 1976.

• En 2004, le village de Saint-Laurent forme le dernier bastion métis francophone du Manitoba. Les habitants de ce village, situé à 75 km au nord de Winnipeg, vivent de pêche commerciale l'hiver et d'assurance-emploi le reste de l'année.

• En avril 1979, profitant de la sortie d'une série télévisée sur Louis Riel et de la campagne électorale au fédéral, des Métis occupent les locaux du ministère de la Main- d'œuvre et de l'Immigration pour sensibiliser le gouvernement et la population à leurs problèmes.
Infos

« Ni Blancs ni Indiens »

Média : Radio

Émission : La Vie quotidienne

Date de diffusion : 4 avril 1978

Invité(s) : Roger Sabot

Ressource(s) : Lizette Gervais

Durée : 8 min 18 s

Dernière modification :
20 décembre 2004