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Baie-James : des Amérindiens en colère

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Contexte
L'aménagement des cours d'eau de la baie James sera profitable à tous, disaient les politiciens. À tous, sauf peut-être aux 7 000 Cris et Inuits vivant sur ce vaste territoire et qui, attachés à la nature, doivent se rendre à l'évidence:  en inondant leur territoire pour en exploiter la force hydraulique, le Québec s'apprête également à perturber irrémédiablement l'environnement de leurs zones de pêche et de chasse.

Le 12 janvier 1973, à l'émission Présent édition québécoise, l'écrivain Bernard Assiniwi exprime sa solidarité avec les revendications des Cris de la baie James.

Les Amérindiens réagissent au projet du gouvernement québécois. Ils décident de recourir aux tribunaux pour contester ce « projet du siècle » qui viole leur propriété et détruit leurs ressources naturelles.

Le 15 novembre 1973, après plus d'un an de procédures judiciaires et l'audition de 167 témoins, le juge Albert Malouf leur donne raison en ordonnant l'arrêt immédiat des travaux. C'est la consternation. Personne n'avait, bien évidemment, envisagé un tel dénouement.

Le gouvernement du Québec n'a pas le choix. Pour poursuivre les travaux en toute quiétude dans la région de la baie James, il doit désormais tenir compte des Amérindiens. Le 15 novembre 1974, une entente est signée avec les Cris et les Inuits.

En substance, le gouvernement leur consent d'importantes sommes d'argent, la création de plusieurs réserves protégées ainsi que la préservation de leurs territoires de pêche. L'entente historique est baptisée Convention de la baie James et du Nord québécois.
Le saviez-vous?
• Dans les faits, l'arrêt des chantiers de la baie James a duré davantage que sept jours. En effet, l'ordonnance du tribunal, rendue le 15 novembre 1973, s'est difficilement rendue dans le Grand-Nord, les moyens de communication ayant été perturbés par la neige. Les ouvriers n'ont donc pris connaissance de la décision du juge Malouf qu'une ou deux semaines plus tard, ce qui avait laissé le temps à Québec de porter la cause en appel.

• Afin de permettre le transport des négociateurs amérindiens, lors des pourparlers avec le gouvernement du Québec, l'Association des Inuits du Nord du Québec a dû faire l'acquisition d'un avion, un Dehavilland Beaver. Cet avion a été le premier à constituer la flotte d'Air inuit, compagnie aérienne fondée en 1978 et toujours en activité aujourd'hui.
Infos

Baie-James : des Amérindiens en colère

Média : Radio

Émission : Présent édition québécoise

Date de diffusion : 12 janvier 1973

Invité(s) : Bernard Assiniwi

Ressource(s) : Réal Barnabé, Stéphanie Brunelle

Durée : 6 min 34 s

Dernière modification :
6 mars 2007