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Le poète militant

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Contexte
Défenseur fougueux de la langue, Gaston Miron a pris conscience très tôt de ses « carences linguistiques ». Le poète décrit son sentiment d'être étranger à sa propre langue qui découle de l'omniprésence de l'anglais dans la société québécoise et du « bilinguisme colonial ». Comme il l'explique avec véhémence à Wilfrid Lemoine dans cette entrevue, les Québécois parlent un français de calque, dont la structure est dérivée de l'anglais, comme dans l'expression « pharmacie à prix coupés ». Dans ce contexte, le débat autour du joual est un faux débat, selon lui. Qu'on dise joual ou oual ou cheval, peu importe, pourvu qu'on ne dise pas horse.

Gaston Miron est au cœur du débat sur la situation de la langue qui fait rage au début des années 1960 au Québec, et qui s'exprime dans les revues Parti pris et Liberté ainsi que dans les textes pamphlétaires des Gérald Godin, Fernand Ouellette, Hubert Aquin et Michèle Lalonde. Les écrivains prônent une solution politique au problème de la langue, plusieurs ont recours au joual afin de provoquer et susciter une prise de conscience.

Gaston Miron est de tous les combats, ses engagements sont multiples, à la fois sociaux, politiques, littéraires. « Il affiche tout son être sur la place publique », comme le constate le poète Jacques Brault.

Miron adhère au Parti social démocratique en 1955 et sera candidat défait dans Outremont aux élections de 1957. Fervent nationaliste, il milite dans le RIN, le Mouvement de libération populaire, le Front du Québec français. Il participe à toutes les manifestations sur la langue, il anime des récitals de poésie et organise la première Rencontre des poètes canadiens en 1957 avec le poète Jean-Guy Pilon, puis la célèbre Nuit de la poésie en 1970.
Le saviez-vous?
• En 1970, Miron fait partie des 400 personnes arrêtées dans le cadre de la Loi des mesures de guerre instaurée par le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau. Il passe 13 jours en prison, avec ses amis Gérald Godin et Pauline Julien.

• En 1992, les éditions de l'Hexagone publient Les Grands Textes indépendantistes, écrits, discours et manifestes québécois de 1774 à 1992, rassemblés par Andrée Ferretti et Gaston Miron, deux intellectuels et militants indépendantistes.

• Chez Miron, la poésie même est un acte politique. Dans une lettre du 25 février 1958 adressée à son ami Claude Haeffely, il écrit à cet égard : « Je ferai de ma poésie un engagement politique ».
Infos

Le poète militant

Média : Télévision

Émission : Dossier

Date de diffusion : 31 octobre 1975

Invité(s) : Gaston Miron

Ressource(s) : Wilfrid Lemoine

Durée : 21 min 27 s

Dernière modification :
9 mars 2009