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Boulevard Curé-Labelle à Laval!

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Contexte
Le manque de planification des banlieues émergentes laisse souvent place au désordre et à la laideur. C'est le cas du boulevard Curé-Labelle à Laval, au nord de Montréal. Avec ses panneaux publicitaires, ses restaurants fast-food et ses nombreux garages et détaillants de l'automobile, l'artère représente le symbole du libéralisme économique. Le journaliste Gil Courtemanche dresse ici un portrait cynique du boulevard Curé-Labelle et de ses « frères ».

Au cœur de ces grands boulevards trône l'automobile, dont la dépendance s'est transformée en adoration. Ainsi, « l'homme carburateur » a fait de ces artères la cour arrière de son bungalow.

La banlieue moderne s'impose entre 1952 et 1955, avec son culte pour la maison unifamiliale de type pavillonnaire : le bungalow et son terrain, synonyme de tranquillité, d'espace et de consommation. Fortement influencées par le modèle des États-Unis, les banlieues canadiennes vont adopter ce type d'habitation grâce à la faible densité de population et l'étendue du territoire.

Partout, les bungalows poussent comme des pissenlits. Entre 1961 et 1964, à elle seule, Montréal compte plus de 500 chantiers. L'arrivée de nouvelles techniques de construction accélère le processus de fabrication des maisons. Les promoteurs parviennent ainsi à produire un bungalow au quart d'heure!

Au Québec, durant les années 1940 et 1950, l'Église va elle aussi soutenir sans réserve la maison unifamiliale. Considéré comme un instrument de régulation social, le bungalow détrône la conciergerie (immeuble à logement), associée au désordre urbain et aux piètres conditions de logement des cités. Avec « À chaque famille, sa maison » pour slogan, la Ligue ouvrière catholique prend le leadership du mouvement.

D'autres organisations canadiennes-françaises, telles la Société Saint-Jean-Baptiste, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, les Chambres de commerce, des professeurs de l'Université Laval, le journal Le Devoir et plusieurs autres, se rangent derrière cet avis pour faire du bungalow une véritable idéologie.
Le saviez-vous?
• L'entrepreneur américain William Levitt est considéré comme l'inventeur de la banlieue nord-américaine moderne. Après la Seconde Guerre mondiale, en 1947, Levitt construit une première communauté en banlieue de New York pour répondre aux besoins de logement des soldats. La ville porte le nom de Levittown. En dix ans, Levittown accueille 17 000 nouvelles maisons.

• Le modèle ne tarde pas à s'exporter. La société Levitt fabrique près de 130 000 maisons aux États-Unis, à Porto Rico, en France, en Espagne et au Canada.

• Avec ses développements domiciliaires, William Levitt instaure un modèle de standardisation et de fabrication en série de maisons, qui sera reproduit partout dans le monde et surtout au Canada. Le procédé révolutionne la construction domiciliaire. D'abord, un bataillon de camions déposent à chaque 30 mètre du bois de construction, des conduits, de la brique, des bardeaux et des canalisations en béton. Ensuite, d'immenses pelles mécaniques viennent creuser des trous rectangulaires de 7,5 sur 10,5 mètres, qui sont remplis de béton par d'autres camions. Finalement, une équipe de maçons et de menuisiers se relayent pour compléter les maisons en un temps record.
Infos

Boulevard Curé-Labelle à Laval!

Média : Télévision

Émission : Le 60

Date de diffusion : 2 mars 1973

Ressource(s) : Gil Courtemanche

Durée : 4 min 26 s

Dernière modification :
26 février 2008