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La banlieue : mythe ou réalité?

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Contexte
La banlieue, prison ou paradis? La question posée par la chroniqueuse Renée Larochelle à ses interlocuteurs semble récurrente depuis l'essor du phénomène après la Seconde Guerre mondiale.

Si pour certains la banlieue symbolise l'accès à la propriété privée, la tranquillité et l'espace, pour d'autres elle représente l'éloignement, la dépendance à la voiture, le manque de services et de vie sociale. D'ailleurs, pour bon nombre de citadins qui s'installent en banlieue, l'enthousiasme fait souvent place au désenchantement, comme l'expliquent quelques femmes interviewées dans ce reportage.

Le phénomène des banlieues prend d'abord son envol aux États-Unis, avec la révolution industrielle du XIXe siècle. Les industries du textile s'établissent alors en périphérie des grandes villes comme New York, Boston, Baltimore et Philadelphie. Plusieurs propriétaires d'usines décident de prendre en charge des familles, de leur offrir du travail, mais aussi de les loger. Ainsi, de véritables petites cités prennent forme autour de la ville centre.

Le Canada ne tarde pas à suivre ce modèle. En effet, à Montréal, les quartiers industriels de Saint-Henri et Lachine, considérés comme des banlieues à l'époque, abritent plusieurs familles d'ouvriers.

À partir de la fin du XIXe siècle, les conditions de vie misérables des citadins, l'insalubrité, les maladies et le climat d'insécurité des villes vont inciter la bourgeoisie à s'éloigner davantage de la cité pour se réfugier à la campagne, représentée aujourd'hui par des arrondissements montréalais comme Cartierville, Lachine et Pointe-aux-Trembles.

Une autre poussée suburbaine s'effectue au cours de l'entre-deux-guerres. Le développement des technologies de communication, comme la radio et le téléphone, l'utilisation de l'électricité, l'arrivée de l'autobus et de la voiture, dispersent les industries autour de la ville. Avec l'exode des habitants de la campagne et la recrudescence de l'immigration, le centre-ville ne peut supporter cette congestion.

Cependant, la croissance la plus spectaculaire des banlieues prend forme au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Le retour des soldats, qui souhaitent fonder une famille, l'avènement du baby-boom et la prospérité économique sans précédent de l'Occident, transforment le paysage urbain de façon significative.

L'économie se décentralise toujours plus et des noyaux d'urbanisation émergent autour des villes partout au Canada. Le morcellement du territoire provoque ainsi l'étalement urbain. À Montréal, par exemple, les deux tiers des habitants résidaient dans un rayon de six kilomètres du centre-ville en 1941. Vingt ans plus tard, le rayon s'étend à douze kilomètres.
Le saviez-vous?
• L'origine du mot « banlieue » remonterait au Moyen Âge, vers le XIIIe siècle. Il vient de « ban », une proclamation d'un suzerain qui lui permet d'asseoir son autorité sur le territoire d'une « lieue » autour de la ville.

• Au départ, les habitants qui demeuraient hors de l'enceinte de la ville étaient régis par des règlements d'ordre juridique et administratif. Puis, au fur et à mesure que s'améliore la sécurité hors des forteresses de la ville, les citoyens fondent des faubourgs, où jaillit une activité économique et artisanale. Ainsi, les premières banlieues voient le jour.

• Le terme « banlieue » prend son sens juridique et administratif seulement à partir du XVIIe siècle. Pour la première fois, il devient un concept urbanistique et désigne un territoire dans le voisinage et la dépendance d'une ville.
Infos

La banlieue : mythe ou réalité?

Média : Télévision

Émission : Le Beau Sexe

Date de diffusion : 29 juin 1967

Invité(s) : Claude Longpré

Ressource(s) : Aline Desjardins, Renée Larochelle

Durée : 17 min 30 s

Audio d'une émission de télévision

Dernière modification :
6 juin 2006