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Des ouvrières surexploitées

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Contexte
Organisatrice syndicale des ouvrières du vêtement pour dames dans les années 1930, Yvette Charpentier a commencé à travailler dans les manufactures textiles en 1914, à l'âge de dix ans. Comme elle l'explique dans cette entrevue, les conditions de travail dans ce qu'on appelle alors communément le « rag business » (l'industrie de la guenille) sont abominables. Elle travaille plus de dix heures par jour, six jours par semaine, pour un salaire dérisoire.

En plus de la chaleur suffocante et des conditions d'hygiène déplorables dans les manufactures, les ouvrières doivent supporter le favoritisme des contremaîtres. Comme le commente Yvette Charpentier : « c'était assez pour se révolter ».

Les ouvriers du textile comptent parmi les travailleurs industriels les plus exploités. Au Québec, l'industrie du textile est un des plus gros employeurs de femmes. En 1911, celles-ci composent la moitié des effectifs.

Dans son rapport déposé en 1938, la Commission royale d'enquête sur l'industrie textile, ou commission Turgeon, décrit les conditions de travail particulièrement pénibles des ouvriers et ouvrières : semaine de 55 à 60 heures, conditions d'hygiène lamentables (mauvaise aération, vacarme des machines, poussière, humidité), salaires souvent payés à la pièce et contrôlés par le quasi-monopole exercé par la Dominion Textile, détenant 65 % de la production.
Le saviez-vous?
• En 1885, la loi des manufactures adoptée au Québec interdit l'emploi de garçons de moins de 12 ans et de filles de moins de 14 ans. La loi autorise toutefois les employeurs à embaucher les enfants détenant un certificat de leurs parents les autorisant à travailler. Un grand nombre d'enfants continue donc de travailler dans les manufactures pour un salaire de loin inférieur aux normes.

• L'industrie de la confection du vêtement se caractérise par le travail à domicile ou effectué dans de petits ateliers plus ou moins clandestins. Le « sweating system » est propice à la surexploitation des ouvrières qui reçoivent 0,25 $ pour une douzaine de pantalons confectionnés à domicile en 1935, alors que ce même travail en usine rapporte 1,50 $.

• Souvent rémunérées à la pièce, les femmes apportent du travail chez elles le soir afin de continuer l'ouvrage avec les enfants et les grands-mères.

• Entre 1900 et 1940, la participation féminine au travail salarié croît sans cesse. En 1941, les femmes composent 27 % de la main-d'œuvre montréalaise. Elles touchent par contre la moitié des salaires masculins, un ouvrier gagnant par exemple environ 1080 $ par année en 1930, tandis qu'une femme ne gagne que 630 $ pour le même travail.
Infos

Des ouvrières surexploitées

Média : Télévision

Émission : Aujourd'hui (1962-1969)

Date de diffusion : 8 février 1967

Invité(s) : Yvette Charpentier

Ressource(s) : Michelle Tisseyre

Durée : 8 min 53 s

Dernière modification :
3 septembre 2004