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Du mal romantique à la maladie contagieuse

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Contexte
Les représentations de la tuberculose ont évolué selon l'état des connaissances médicales, explique l'historienne Louise Côté. Au XIXe siècle, la tuberculose est perçue comme une maladie héréditaire frappant les êtres fragiles et sensibles. Maladie romantique célébrée à travers la littérature de l'époque, elle consume les êtres brûlants de passion. Avec l'ère bactériologique, le caractère contagieux de la tuberculose est établi : dès lors, la vision romantique de la maladie cède la place à une image négative, celle du fléau social.

À la suite du rapport de la Commission royale de la tuberculose de 1910, la lutte contre le fléau s'intensifie au pays. Les hygiénistes insistent sur l'importance de l'éducation populaire dans la prévention de la tuberculose. Ils tentent également de contrôler les populations à risque par diverses mesures de santé publique.

Maladie de la pauvreté sévissant dans les milieux défavorisés, la tuberculose est attribuée à des causes sociales sur lesquelles il faut agir : insalubrité des logements, malnutrition, hygiène. Des dispensaires antituberculeux sont créés, tels que l'Institut Bruchési fondé à Montréal en 1911.

La tuberculose est une maladie infectieuse causée par la bactérie Mycobacterium tuberculosis qui touche habituellement les poumons, détruisant les tissus et créant des cavités. Les principaux symptômes consistent en une toux persistante, un épuisement chronique, une perte de poids et d'appétit ainsi que des sécrétions contenant du sang. L'infection se transmet par des gouttelettes de salive en suspension dans l'air au moment de la toux et des éternuements. Certaines personnes peuvent être infectées par la bactérie sans développer la maladie : cette forme latente de la maladie n'est pas contagieuse.
Le saviez-vous?
• Plusieurs romans du XIXe siècle ont pour héroïne une femme atteinte de tuberculose. Le plus connu est sans doute La Dame aux camélias, écrit en 1848 par Alexandre Dumas fils. Dans ses Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand retrace les derniers jours de sa maîtresse, Madame de Beaumont, elle aussi emportée par la terrible maladie.

• La peste blanche n'épargne pas les écrivains : Molière, Franz Kafka, Emily Brontë, Robert Louis Stevenson, Anton Tchékov et John Keats sont tous morts de la tuberculose.

• La tuberculose est une maladie ancienne qui fait des ravages depuis la plus haute antiquité. Des fouilles archéologiques ont permis de découvrir des momies égyptiennes portant la trace de la maladie. En Grèce, Hippocrate et Galien ont observé et décrit la maladie. En Amérique du Nord, elle est mentionnée dès 1633 dans les Relations des Jésuites.

• Hippocrate, « le père de la médecine », donne le nom grec de phtisie à la tuberculose, ce qui signifie dépérissement. Pendant longtemps, la maladie est communément appelée « consomption », à cause de l'amaigrissement qui la caractérise, donnant l'impression qu'elle consume ses victimes.

• La bactérie causant la tuberculose est aussi appelée bacille de Koch, en référence à l'Allemand Robert Koch qui a identifié le bacille en 1882. Cette découverte lui vaudra le prix Nobel de médecine en 1905. Le 24 mars, date anniversaire de cette percée scientifique, a été déclaré Journée mondiale de la tuberculose par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Infos

Du mal romantique à la maladie contagieuse

Média : Radio

Émission : Les Années lumière

Date de diffusion : 18 mars 2001

Invité(s) : Louise Côté

Ressource(s) : Yanick Villedieu

Durée : 15 min 14 s

Dernière modification :
31 août 2004