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…Ou comment vivre aux côtés d'un géant

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Contexte
La proximité des États-Unis constitue le talon d'Achille du système canadien de radiodiffusion. Une langue commune, l'anglais, et une industrie culturelle américaine toujours plus imposante combinées à l'émergence des nouvelles technologies fragilisent la spécificité culturelle et l'identité canadiennes.

En 1970, le CRTC entreprend l'application d'une série de mesures visant à augmenter le contenu canadien et à réduire la publicité en ondes. Pierre Juneau en résume les grandes lignes.

Mais qu'est-ce au juste que le contenu canadien? Il s'agit d'abord d'un ensemble de critères permettant de définir ce qu'est une émission, une musique ou un film canadien. La politique de contenu canadien se traduit aussi par l'octroi de subventions visant à encourager la production d'œuvres canadiennes destinées à la diffusion. Enfin, elle oblige les radiodiffuseurs privés et publics à réserver aux productions canadiennes un minimum de temps d'antenne, notamment aux heures de grande écoute.

Quant à la publicité, Graham Spry de la Canadian Radio League déclarait déjà au début des années 1960 : « La radiodiffusion canadienne, particulièrement aux heures de pointe, est désormais devenue un système fondamentalement commercial, utilisé pour vendre des produits, la plupart américains ». En outre, si elle apparaît indispensable au financement des radiodiffuseurs privés, sa présence sur les ondes du réseau public paraît plus incongrue. À maintes reprises depuis sa création, les diffuseurs privés ont argué que la Société Radio-Canada, subventionnée, les prive d'une part de marché.
Le saviez-vous?
• Les premières politiques de contenu canadien sont rudimentaires. En 1933, le CCR limite à 40 % la diffusion d'émissions étrangères à la radio. En 1959, le BGR exige qu'au moins 45 % des heures de télédiffusion soit consacré aux émissions canadiennes. Sous le régime du CRTC, la politique se complexifie. Les quotas passent à 50 % et 60 % selon les heures d'écoute. Un système de points permet de déterminer la proportion canadienne d'une production. Pour ce faire, le nombre d'artistes et d'artisans de citoyenneté canadienne y ayant participé est compté.

• Avant 1932, les émissions américaines envahissaient les ondes, forgeant déjà les goûts du public canadien. Depuis, malgré des politiques plus rigoureuses, le spectre de l'américanisation se fait toujours plus menaçant. Certaines décisions du CRTC sont en cause, notamment celle d'autoriser les câblodistributeurs à diffuser la programmation des principaux réseaux américains tels ABC, PBS, NBC, etc. En 1999, plus de 60 % de la programmation de langue anglaise au Canada est d'origine étrangère, principalement américaine. Toutefois, en raison de la barrière linguistique, le Québec connaît un taux de pénétration moins élevé qu'au Canada anglais.

• Fondée en 1930 par Graham Spry et Alan Plaunt, la Canadian Radio League s'emploie à défendre avec ardeur les recommandations de la commission Aird. Elle représente l'un des plus importants groupes de pression militant en faveur d'un régime public investi d'une mission éducative. Des personnalités telles que Georges Pelletier du journal Le Devoir, Édouard Montpetit et Augustin Frigon en font partie.

• Augustin Frigon, ingénieur électricien de formation, a été directeur général de l'Enseignement technique du Québec. Au moment de sa nomination à la commission Aird en 1928, il est considéré comme l'un des meilleurs experts en technologie de la radio au Canada. D'abord nommé directeur général adjoint de la SRC lors de sa création en 1936, il en devient directeur général en 1943. C'est sous sa direction, notamment, qu'est créé le Service international de Radio-Canada, maintenant connu sous le nom de Radio-Canada international.
Infos

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Média : Radio

Émission : Présent 2e édition nationale

Date de diffusion : 20 février 1970

Invité(s) : Pierre Juneau

Ressource(s) : Claude Bisaillon, Jean Paré

Durée : 7 min 38 s

Dernière modification :
5 mars 2008