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Des autochtones rompent le silence

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Contexte
À l'heure où des accusations sont portées devant les tribunaux par d'anciens pensionnaires, ce reportage présenté au Point donne la parole à ces derniers et à des membres des communautés religieuses afin d'éclairer une situation complexe.

Missionnaire oblat à l'école de Lebret en Saskatchewan, le père Jean-Paul Isabelle explique que l'objectif de l'éducation était de permettre aux autochtones de s'intégrer à la société et de gagner leur vie. Mais il reconnaît que, ce faisant, « on a totalement ignoré leur culture ».

Durant toute l'existence du système, les administrateurs des écoles se butent au sous-financement chronique des écoles résidentielles pour autochtones. Le budget alloué dépend du nombre d'élèves, c'est pourquoi les internats sont souvent surpeuplés. Les conditions de vie déplorables qu'offrent les pensionnats, l'éloignement et le racisme ambiant créent une situation propice à la négligence et aux sévices, y compris les abus sexuels.

La philosophie éducative de l'époque sanctionne le recours aux châtiments corporels et la sévérité constitue la norme dans la plupart des internats. Toutefois, dans le cas des pensionnats indiens, les études récentes révèlent que cette sévérité atteint un niveau qui frise l'intolérable. Le rapport d'un commissaire en 1896 souligne à cet égard que « ce genre de brutalité ne serait jamais toléré dans une école blanche, où qu'elle soit au Canada ».
Le saviez-vous?
• Le surpeuplement et l'insalubrité des bâtiments créent de véritables épidémies de tuberculose qui ravagent les pensionnats indiens au cours de leur histoire. Le rapport Bryce, déposé en 1907, révèle un taux de mortalité de 24 % dans les 15 écoles résidentielles visitées; ce taux atteignant jusqu'à 47 % dans le pensionnat Old Sun's de l'Alberta.

• En 1907, un éditorial du journal Saturday Night conclut que « même la guerre fait rarement autant de morts que le système scolaire que nous avons imposé aux jeunes Indiens dont nous avons la charge ».

• Les directeurs des pensionnats éprouvent des difficultés à recruter du personnel qualifié en raison de l'éloignement de la plupart des écoles et des maigres salaires offerts. Une étude révèle que, même en 1950, 40 % du personnel enseignant ne possède aucune formation professionnelle. Le rapport fait par ailleurs état des conditions difficiles auxquelles les professeurs sont confrontés.
Infos

Des autochtones rompent le silence

Média : Télévision

Émission : Le Point

Date de diffusion : 5 février 1997

Invité(s) : Raymond Dion, Jean-Paul Isabelle, Jim Miller

Ressource(s) : Claude-Jean Harel, Raymond Saint-Pierre, Frédéric Zalac

Durée : 11 min 56 s

Dernière modification :
29 avril 2009