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L'ADN des criminels

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Contexte
Depuis le milieu des années 1980, l'analyse d'échantillons d'ADN (acide désoxyribonucléique) par des biologistes permet d'éclaircir des causes judiciaires. En plus de servir de preuves pour établir la culpabilité d'un suspect, les tests génétiques innocentent parfois certaines personnes emprisonnées injustement.

En 2001, l'émission Les Années-lumière diffusait un reportage sur l'ADN au service de la justice. Marie-Hélène Poirier y a rencontré des biologistes du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale du Québec et leur a demandé comment ils procédaient à l'extraction et à l'analyse du code génétique.

Sur les scènes de crime, les enquêteurs relèvent différentes substances biologiques présentes sur des vêtements ou sur des meubles.

Ces échantillons de sang, de cheveux, de salive, de sperme ou de peau sont envoyés au laboratoire de la police scientifique pour analyse. À l'aide de leur microscope, les biologistes effectuent des tests d'ADN sur ces matières. Une fois l'empreinte génétique déterminée, ils la comparent avec des profils d'ADN de criminels ou de victimes stockés dans des fichiers informatiques. Une concordance entre les séquences d'ADN confrontées fait parfois avancer les enquêtes.

Présent dans chaque cellule, l'ADN constitue une copie unique du bagage génétique d'une personne. La principale technique d'analyse génétique utilisée depuis les années 1990, la réaction de polymérisation en chaîne, coûte plusieurs centaines de dollars pour l'analyse d'un seul échantillon.

En 1995, le Canada adopte une loi qui autorise le prélèvement d'un échantillon d'ADN sur un individu soupçonné d'un méfait grave comme une agression sexuelle. Mais avant de procéder au prélèvement, le policier doit obtenir un mandat d'un juge de cour provinciale.

Le 30 juin 2000, une loi canadienne autorise la création d'une banque de données génétiques. Cette loi permet aussi aux juges d'ordonner à une personne coupable de certains crimes de fournir un échantillon de sang ou de cheveux.

Une fois l'ADN du criminel connu, les scientifiques l'ajoutent à un fichier qui regroupe les empreintes génétiques de nombreux détenus condamnés pour des délits graves comme le meurtre, l'agression sexuelle ou le vol qualifié. Un autre fichier regroupe les profils génétiques recueillis lors d'enquêtes policières.
Le saviez-vous?
• En 1995, la validation d'un test d'ADN nécessitait un échantillon substantiel de sang, de sperme ou de cheveux. Dix ans plus tard, en 2005, un échantillon de la grosseur de la tête d'une épingle suffit.

• Afin d'éviter les erreurs judiciaires, l'ADN d'un suspect est habituellement prélevé et analysé dans un autre local que celui d'une victime.

• Dans les années 1990, les États-Unis relancent le débat sur la peine de mort après que des tests d'ADN ont innocenté plusieurs condamnés.

• Sur la scène d'un crime, un biologiste judiciaire étudie parfois la projection du sang d'une victime tuée par arme à feu. La forme, la taille et l'emplacement d'une simple goutte de sang peuvent révéler comment un crime fut perpétré. (Voir le clip Identifier le sang séché.)

• Le 31 octobre 2003, la Cour suprême accorde le droit aux policiers de forcer un présumé criminel à fournir un échantillon d'ADN. Selon les juges, cette mesure ne contrevient pas à la Charte des droits et libertés.

• Grâce aux progrès de la génétique, le nombre de meurtres non résolus tend à diminuer. Les empreintes d'ADN permettent de résoudre des crimes datant de plusieurs années. (Voir le clip ADN : la fin des erreurs judiciaires?)
Infos

L'ADN des criminels

Média : Radio

Émission : Les Années lumière

Date de diffusion : 6 mai 2001

Invité(s) : Christine Jolicoeur, France Mailly, France Porelle, Jacinthe Prévost

Ressource(s) : Chantal Srivastava, Marie-Hélène Poirier

Durée : 18 min 34 s

Dernière modification :
31 juillet 2009