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Enfin du courrier!

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Contexte
L'inquiétude est vive à l'approche des fêtes de fin d'année. Depuis six semaines déjà, le courrier ne circule plus au pays, une grève paralysant Postes Canada. Les activités reprennent à travers le pays dans la soirée du 2 décembre 1975. Pourtant, le malaise persiste : les postiers ont accepté les offres patronales avec seulement 51,8 % des voix.

Au microphone d'Armande Saint-Jean, Jean-Claude Parrot fait le bilan de ces semaines passées sur les lignes de piquetage.

Les travailleurs de Postes Canada débrayent le 22 octobre. Le syndicat reçoit l'appui de 68,3 % des employés. Mais après cinq semaines d'arrêt de travail, les fonds destinés aux allocations de grève sont épuisés.

Le ministre des Postes Bryce Mackasey a beau clamer que la convention collective est la meilleure que les postiers aient jamais eue, ceux de l'est du pays, et plus particulièrement du Québec, ne sont pas d'accord. Les employés obtiennent, entre autres, une augmentation de salaire de 1,70 $ de l'heure.

Une des revendications des postiers visait les changements technologiques apportés par l'automatisation du tri du courrier depuis le milieu des années 1960. L'introduction d'un code postal à six caractères est annoncée en 1970. Un des objectifs de ce système est de réduire le nombre de travailleurs au tri du courrier. Le système est implanté dans la municipalité d'Ottawa en 1971, puis graduellement dans tout le pays. Mais, dès 1972, les employés de Postes Canada demandent à la population de boycotter les codes postaux. Cet appel au boycott est levé en février 1976.
Le saviez-vous?
• Le Syndicat des postiers du Canada (SPC), devenu ensuite le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), est un organisme militant qui a souvent eu recours à la grève pour faire avancer sa cause : trois semaines d'arrêt de travail en 1965, puis en 1968; série de grèves tournantes au cours de l'été 1970; grève de deux semaines en 1974.

• Le thème du congrès des travailleurs des postes canadiennes de 1975 était « C'est notre année ».

• Bryce Stuart Mackasey a été un des hommes forts du gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau des années 1970. D'abord ministre sans portefeuille, il occupe le ministère du Travail de juillet 1968 à janvier 1972. Il sera ensuite ministre de la Main-d'œuvre et de l'Immigration, des Postes, ainsi que de la Consommation et des Corporations.

• Il quitte une première fois la vie politique en 1978, revient deux ans plus tard, puis se retire définitivement en 1984. Peu après il est accusé de fraude, conspiration et trafic d'influence.

• Acquitté, il est nommé ambassadeur du Canada au Portugal par Pierre Trudeau en 1984. En arrivant au pouvoir, Brian Mulroney annulera cette nomination.

• Jean-Claude Parrot a longtemps été la figure de proue du combat syndicaliste des travailleurs des postes. Il entre au service des Postes à Montréal, en 1954. Membre de l'exécutif de la section locale du SPC, il sera négociateur en chef du syndicat pendant 18 ans. Pendant 15 ans, il en sera le président.

• C'est à lui que les travailleurs canadiens doivent le premier congé de maternité payé du pays.

• Il est élu vice-président directeur du Congrès du travail du Canada en 1992, puis réélu en 1994, en 1996 et en 1999. Il quitte la vie syndicale en 2002.
Infos

Enfin du courrier!

Média : Radio

Émission : Présent édition nationale

Date de diffusion : 3 décembre 1975

Invité(s) : Bernard Brodie, Jean-Claude Parrot

Ressource(s) : Armande Saint-Jean

Durée : 14 min 10 s

Dernière modification :
3 mars 2008