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« Le Déclin » séduit la Croisette

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Contexte
Le 19 mai 1986, Denys Arcand reçoit le Prix de la critique internationale à Cannes pour Le Déclin de l'empire américain. Présenté en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs, le film fait un triomphe : le public acclame le long métrage par une ovation. Cet accueil surprend le cinéaste, qui fait part de ses premiers commentaires à Simon Durivage.

Le film met en scène huit intellectuels, enfants de la Révolution tranquille, qui échangent des propos désabusés sur la sexualité, l'amour et la vie conjugale. Denys Arcand, qui n'avait pas tourné de film personnel depuis 12 ans, raconte avoir voulu se faire plaisir en fabriquant un film allant à l'encontre des lois communément admises au cinéma : peu d'action, beaucoup de dialogues.

Une fois primé en France, Le Déclin de l'empire américain connaît, après un accueil mitigé des critiques au Québec, un grand succès populaire et financier. Le film reçoit de nombreuses récompenses dont neuf Génies, le prix de la presse brésilienne et le Hugo d'argent au Festival de Chicago.

Après avoir été sacré meilleur film étranger par le Cercle des critiques new-yorkais, il est mis en nomination aux Oscars. Le prix prestigieux échappe à Denys Arcand, qui devra attendre 17 ans pour rafler en 2003 l'Oscar du meilleur film en langue étrangère avec Les Invasions barbares, la suite du Déclin.

Né en 1941 à Deschambault, dans la région de Québec, Denys Arcand entreprend des études en histoire à l'Université de Montréal au début des années 1960. Il rejoint par la suite les rangs de l'ONF et réalise plusieurs documentaires historiques. En 1970, il y tourne le documentaire On est au coton sur les conditions des travailleurs du textile, qui sera censuré jusqu'en 1976 par l'ONF. Denys Arcand réalise plusieurs films de fiction par la suite : La Maudite Galette (1972), Réjeanne Padovani (1973), Gina (1975).
Le saviez-vous?
• Les recettes canadiennes au guichet du Déclin de l'empire américain atteignent les 3 400 000 $, dont 1 million sur le marché anglophone. Le film est vendu à une trentaine de pays. Il figure parmi les dix films québécois ayant rapporté le plus de recettes, le premier étant Les Boys en 1997 avec 6,1 millions de dollars.

• Le titre de travail du Déclin de l'empire américain est à l'origine « Conversations scabreuses ». Le projet du cinéaste est de construire un film autour de discussions grivoises, partant de l'idée que l'œil a tout vu au cinéma sur le sexe, mais que l'oreille n'a pas tout entendu.

• Arcand opte finalement pour le titre Le Déclin de l'empire américain, qui s'inspire du célèbre ouvrage de l'historien britannique Edward Gibbon (1737-1794) intitulé Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain.

• Festival parallèle au Festival de Cannes, la Quinzaine des réalisateurs a été créée en 1969, au lendemain des événements de mai 1968 en France, en réaction au conservatisme des films sélectionnés pour la compétition officielle. Le jury de la Fédération internationale de la presse cinématographique (FIPRESCI) attribue à cette occasion son Prix de la critique internationale.
Infos

« Le Déclin » séduit la Croisette

Média : Télévision

Émission : Le Point

Date de diffusion : 20 mai 1986

Invité(s) : Denys Arcand

Ressource(s) : Simon Durivage

Durée : 4 min 42 s

Dernière modification :
22 avril 2009