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Des politiques d'immigration racistes

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Contexte
La vie des Chinois au Canada à la fin du 19e siècle demeure pénible. En fait, leur intégration représente l'un des pires chapitres de l'histoire raciale du pays. Le Canada reste une terre hostile pour les Chinois, qui vivent pour la plupart dans la pauvreté, victimes de discrimination, physiquement menacés. Effrayés par leurs différences et leurs coutumes, les Blancs refusent aux Chinois l'accès à de nombreux lieux publics, comme les restaurants et les cinémas.

Dans ce reportage de l'émission Tel quel, Chin Lu rend compte de cette difficile époque pour la communauté chinoise établie au Canada. Il rappelle que les domestiques se faisaient appeler par des numéros plutôt que par leur nom.

La haine des Blancs à l'endroit des Chinois force le gouvernement à limiter leur arrivée dès 1885. Une loi prévoit alors la perception d'une taxe de 50 $ pour chaque nouvel immigrant chinois. Ce tribut passe à 100 $ en 1900, puis à 500 $ en 1903. En 1923, l'adoption de la Loi de l'immigration chinoise interdit carrément l'immigration des Chinois au Canada. Elle sera abrogée en 1947. Mais des restrictions sur l'entrée des Chinois au pays vont perdurer jusqu'en 1967.

Au cours des années 1880, près de 15 000 Chinois débarquent sur la côte ouest canadienne pour participer à la construction du chemin de fer du CP. Le premier ministre John A. Macdonald sollicite la main-d'œuvre chinoise, nécessaire à l'achèvement de ce symbole d'unité nationale. Toutefois, l'embauche de Chinois irrite une portion de la population raciste de la Colombie-Britannique.

Sur les chemins de fer, les Chinois gagnent 1,75 $ à 2 $ par jour, alors que le salaire minimum des autres ouvriers s'élève à 3,50 $. Ils doivent également se ravitailler au magasin du CP et établir leur propre campement.

Une fois le dernier tronçon de chemin de fer terminé, à Vancouver en 1887, la plupart des Chinois retournent dans leur pays.

Cependant, des centaines de Chinois qui restent au Canada se dispersent progressivement vers l'est du pays pour y chercher du travail. Ils ouvrent surtout des blanchisseries et des restaurants.
Le saviez-vous?
• Malgré les conditions de vie pénibles, les taxes d'entrée et des lois racistes, la population chinoise au Canada ne cesse d'augmenter au début du 20e siècle. Elle passe de 9129 en 1891 à 45 519 en 1931.

• L'effet de la Loi de l'immigration chinoise, adoptée en 1923, se fait sentir au cours des décennies suivantes. Entre 1931 et 1941, la population sino-canadienne diminue de 25,6 % pour se situer à 34 627. En 1951, elle accuse une nouvelle baisse pour s'établir à 32 528.

• Près de 500 soldats sino-canadiens sont envoyés au front durant la Seconde Guerre mondiale.

• Les Sino-Canadiens obtiennent le droit de vote en 1947 seulement, soit l'année de l'abrogation de la Loi de l'immigration chinoise. Leur participation à la guerre favorise leur accès au droit de vote.

• En 1947, les Chinois établis au Canada peuvent également obtenir leur citoyenneté canadienne.
Infos

Des politiques d'immigration racistes

Média : Télévision

Émission : Tel quel (télévision)

Date de diffusion : 7 janvier 1979

Invité(s) : Graham Johnson, Chin Lu, Kathleen Ruff

Ressource(s) : Michel Pelland

Durée : 7 min 38 s

Dernière modification :
3 février 2009