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L'incroyable destin d'Édouard Carpentier

Date de diffusion : 19 mai 1975

Rares sont les lutteurs qui ont réussi à se démarquer de l'image burlesque de la lutte, à montrer un visage sérieux et professionnel de ce sport. Édouard Carpentier en est probablement le meilleur exemple. Lutteur « scientifique » au style spectaculaire, il se révèle, à partir des années 1950, comme l'un des meilleurs lutteurs de son temps.

À l'émission Appelez-moi Lise, Édouard Carpentier se confie à l'animatrice Lise Payette et lui rappelle son parcours tortueux avant son arrivée au Canada. Fait prisonnier par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, il réussit à s'évader pour ensuite rejoindre la Résistance.

Né en France d'une mère polonaise et d'un père russe, Édouard Carpentier a comme véritable nom de famille Wiercowicz. Il voit le jour le 17 juillet 1926, à Roanne dans la vallée de la Loire. Carpentier pratique la gymnastique (barre fixe, cheval d'arçons, barres parallèles, anneaux, sol), mais souhaite devenir cuisinier. Cependant, les circonstances de la guerre le détournent de son parcours.

Carpentier a 16 ans lorsqu'il s'engage dans la Résistance française. Il décrochera la Croix de guerre et la Croix du combattant pour sa bravoure. Après la guerre, il poursuit son entraînement en lutte gréco-romaine et en gymnastique.

L'équipe nationale de France le sélectionne pour participer aux épreuves de gymnastique aux Jeux olympiques de Londres en 1948 et d'Helsinki en 1952. Carpentier, titulaire d'un diplôme en éducation physique, fait ensuite la rencontre de l'acteur Lino Ventura, qui deviendra son premier gérant. Ventura lui propose de devenir lutteur professionnel. Carpentier amorce donc sa carrière sous le nom d'Eddy Wycz.

Le 14 novembre 1955, lors d'un voyage en Europe, Yvon Robert fait équipe avec Eddie Wycz. Impressionné par sa force, sa souplesse et ses techniques de haute voltige, Robert l'invite à venir lutter à Montréal. Wycz changera de nom à son arrivée en Amérique pour celui de Carpentier.

Le Français entreprend son premier combat au Forum le 18 avril 1956. « Je suis venu à Montréal pour un contrat de trois mois. J'y suis toujours », déclare, dans un article de La Presse de janvier 2003, celui qui habite encore le quartier Côte-des-Neiges. Il entre dans l'écurie du promoteur Eddie Quinn et, dès 1957, dépossède Wladek Kowalski de son titre de champion du monde.

Carpentier séduit le public avec son style acrobatique. Il vole au-dessus du ring et multiplie les prises à partir de la troisième corde. Après quelques années à Montréal, il part en 1962 pour la Californie, où il fait sensation.

Carpentier revient à Montréal pour participer à la promotion de la Lutte Grand Prix avec les frères Vachon, à la fin des années 1960. Mais une mésentente entre les parties force le groupe à mettre fin à ses activités quelques années plus tard. Durant cette période, Carpentier ramène de France Jean Ferré, un lutteur de format géant qui fera plus tard fortune avec le promoteur new-yorkais de la WWF, Vince McMahon.

À partir des années 1980, Carpentier anime, en compagnie de Guy Hauray, les galas de Lutte internationale à la télévision. En 1985, le duo présente la version française de la WWF. Carpentier contribue à la popularité de cette organisation au Québec, grâce à ses commentaires colorés et sa crédibilité. Il laissera plusieurs expressions cultes, telles que « Le coup de la corde à linge… », « Croyez-moi, ça fait mal! », sans oublier « À la semaine prochaine, si Dieu le veut! ».

L'incroyable destin d'Édouard Carpentier

• Lino Ventura dirige une équipe de cascadeurs lorsqu'il rencontre Édouard Carpentier pour la première fois, au début des années 1950. Carpentier se joint au groupe de Ventura et double des vedettes du cinéma dans des scènes dangereuses. L'acteur remarque son talent et lui demande de tenter sa chance dans la lutte professionnelle.

• Édouard Carpentier participe au Championnat du monde de gymnastique de 1950 à Bâle, en Suisse.

• Le lutteur français devient champion d'Europe en 1956. Il remporte le titre de champion du monde de l'AWA en 1957, en 1960 (deux fois), en 1963 et en 1967.

• L'entourage d'Édouard Carpentier, Eddie Quinn en tête, tente de faire croire que Georges Carpentier, l'ancien champion du monde de boxe, est l'oncle d'Édouard. Eddie Quinn invite même Georges Carpentier à arbitrer une finale à laquelle participe son prétendu neveu.

• Au milieu des années 1970, alors qu'Édouard Carpentier fait fonction d'analyste à la télévision, il quitte régulièrement son poste pour aller livrer des combats!

• Entre 1930 et 1960, plusieurs amphithéâtres présentent des spectacles de lutte à Montréal. Les plus connus sont le Forum et l'auditorium de Verdun. Mais il y a aussi le stade Exchange, au coin de l'avenue Mont-Royal et de la rue d'Iberville, et le stade De Lorimier, au coin de l'avenue du même nom et de la rue Ontario.

• Le centre Paul-Sauvé sera également un endroit prisé par les promoteurs de lutte jusque dans les années 1980. À Québec, c'est à la Tour et au Colisée que sont présentés la plupart des galas de luttes. Située près du port, la Tour, un amphithéâtre de 2000 places, est démolie au milieu des années 1970.

L'incroyable destin d'Édouard Carpentier

Média : Télévision

Émission : Appelez-moi Lise

Date de diffusion : 19 mai 1975

Invité(s) : Édouard Carpentier

Ressource(s) : Jacques Fauteux, Lise Payette

Durée : 10 min 36 s

Audio d'une émission de télévision

Dernière modification :
9 décembre 2008


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