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Accueil · Sports · Lutte · Johnny Rougeau, un gentleman sur le ring

Johnny Rougeau, un gentleman sur le ring

Date de diffusion : 27 juillet 1971

Après la retraite d'Yvon Robert, en octobre 1957, la lutte québécoise lui trouve un digne successeur : Jean Rougeau. Un lutteur presque aussi charismatique et talentueux que son mentor, puisque Robert sera le gérant de « Johnny » pendant les dix premières années de sa carrière.

Jean Rougeau, qui s'entretient en juillet 1971 avec l'animateur André Guy, livre quelques confidences et certains moments forts de sa vie. Le lutteur rappelle qu'il a déjà participé au camp d'entraînement des Alouettes de Montréal, au football, possédé quelques commerces et joué dans la télésérie La Pension Velder.

Comme bien des lutteurs professionnels, Jean Rougeau est issu d'un milieu populaire. Il voit le jour dans le quartier Villeray, à Montréal, le 9 juin 1929. Son père Armand, ouvrier de profession, est un ancien boxeur qui enseigne son art à la Palestre nationale, rue Cherrier. Jean est aussi le neveu du lutteur Eddie Auger. L'oncle prend donc le jeune Rougeau sous son aile et lui apprend le métier de lutteur dès le début de son adolescence.

Rougeau se déniche un boulot à la société Coca-Cola. Il espère réussir dans le hockey professionnel, mais n'a visiblement pas le talent pour y arriver. C'est donc vers la lutte qu'il se tourne.

« Johnny » amorce sa carrière professionnelle à 22 ans à Detroit, grâce à une invitation de son oncle Eddie Auger. Son charisme et ses habiletés lui procurent un succès instantané. Il affronte rapidement les meilleurs lutteurs, comme Big Bill Miller, Yukon Eric et Buddy Rogers. Sa popularité ne cesse de croître aux États-Unis, tout comme son salaire, qui s'élève entre 500 $ et 600 $ par semaine.

Rougeau revient à Montréal pour lutter au Forum en 1952, au moment de l'arrivée de la télévision. Yvon Robert le prend sous sa tutelle et lui enseigne de nouvelles techniques grâce auxquelles il remportera le championnat du monde contre Hans Schmidt en 1961.

Dans les années 1960, la rivalité entre Hans Schmidt, un Québécois au pseudonyme allemand, et Johnny Rougeau fait d'ailleurs courir les foules. Rougeau fera également équipe avec Édouard Carpentier contre « Mad Dog » Vachon et Mat Gilmour. En 1968, la présence de Rougeau contribue à faire tomber coup sur coup trois records d'assistance. En novembre, près de 20 000 spectateurs assistent à sa reprise du titre de championnat du monde contre Ivan Koloff. Entre 1959 et 1971, le lutteur de Villeray remportera sept fois le titre de champion du monde.

Johnny Rougeau s'est aussi distingué dans plusieurs autres secteurs d'activités. Au milieu des années 1960, il cesse de lutter temporairement pour s'occuper de politique et de ses commerces. En 1967, alors que la lutte est en perte de vitesse, il s'implique dans la promotion de galas de lutte. Il décroche un contrat avec un réseau privé de télévision et remonte sur le ring pour l'occasion.

Après une carrière de 23 ans et plus de 5000 combats, Jean Rougeau se retire à l'âge de 42 ans. En août 1971, le centre Paul-Sauvé est plein à craquer pour lui rendre un dernier hommage. Même son ami René Lévesque est présent. Le lutteur retournera tout de même sur le ring en 1972 pour quelques combats.

Rougeau a toujours voulu jouer un rôle de modèle pour la jeunesse, par son implication dans la communauté et sa participation au développement de l'esprit sportif. Il s'est investi, entres autres, dans le hockey junior avant de devenir en 1981 président de la Ligue junior majeure du Québec.

Johnny Rougeau, un gentleman sur le ring

• Jean Rougeau meurt d'un cancer le 25 mai 1983, peu de temps avant son 54e anniversaire de naissance. Plus de 7000 personnes assistent à ses funérailles.

• Son autobiographie est publiée à sa mort, en 1983.

• Vers 13 ans, Johnny Rougeau met en évidence son talent d'organisateur. Il emprunte le terrain vague du grand-père d'un ami, demande un permis à la Commission athlétique de Montréal et, à l'aide de son entourage, monte une arène de lutte pour offrir gratuitement des combats. À la fin des rencontres, les spectateurs lancent de l'argent sur le ring, que les lutteurs se partagent par la suite.

• Propriétaire d'un salon de coiffure, d'un garage avec son frère Jacques, d'une boutique de vêtements, Johnny Rougeau se sert des économies qu'il a accumulé au début de sa carrière aux États-Unis pour établir ses affaires au Québec.

• Dans les années 1960, il devient propriétaire du fameux club Mocambo, une boîte de nuit de Montréal qui reçoit de célèbres artistes d'ici et d'ailleurs.

• Dans les années 1960, Jean Rougeau s'implique en politique au sein du Parti libéral du Québec. Le lutteur suit René Lévesque, un homme qu'il admire, lorsque celui-ci change de cap politique et fonde le Parti québécois en 1968.

• Johnny Rougeau a aussi été le garde du corps de René Lévesque et un de ses organisateurs politiques.

• En 1969, Johnny Rougeau garde le but d'une équipe de hockey composée de lutteurs. La formation « Sur le matelas » comprend Ivan Koloff, Jacques Rougeau, Tony Angelo, Gino Brito, Paul et Jos Leduc, Larry Moquin, Antonio Baillargeon, les Masques, Hans Schmidt et plusieurs autres. L'entraîneur est Eddie « The Brain » Creatchman. L'équipe participe à diverses campagnes de financement.

• En 1969, Rougeau investit dans une équipe de hockey junior, le National de Rosemont, qui déménagera à Laval en 1971. Il aura plus tard l'occasion de diriger le jeune attaquant vedette Mike Bossy à titre d'entraîneur.

Johnny Rougeau, un gentleman sur le ring

Média : Télévision

Émission : Avec André Guy

Date de diffusion : 27 juillet 1971

Invité(s) : Jean Rougeau

Ressource(s) : André Guy

Durée : 14 min 44 s

Dernière modification :
24 mai 2005


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