Aller au menu Plan du site
  • Taille normale
  • Taille moyenne
  • Grande taille

CBC Digital Archives

Accueil · Sports · Lutte · Yvon Robert, le lion du Canada français

Yvon Robert, le lion du Canada français

Date de diffusion : 7 juillet 2001

Après la crise économique de 1929, le Forum de Montréal connaît plusieurs problèmes de rentabilité. Le hockey perd beaucoup d'intérêt. À peine 1000 spectateurs se présentent à certains matchs des Maroons et des Canadiens. Pendant ce temps, l'engouement pour la lutte ne cesse de croître.

La jeune sensation du ring, Yvon Robert, attire déjà 8000 spectateurs à l'aréna Mont-Royal en 1933. En juillet 1936, il remplit le Forum. Plus de 10 000 spectateurs assistent au combat de championnat du monde entre l'Américain Dan O'Mahoney et Yvon Robert. Le chroniqueur sportif Jean Dion rappelle l'importance de cet athlète dans l'histoire sportive du Québec.

Né le 8 octobre 1914 à Verdun, dans le sud-ouest de Montréal, Yvon Robert est doté d'une force exceptionnelle et d'une stature imposante. Il entame sa mise en forme dès son adolescence. En 1931, son entraîneur, John Masson, remarque l'étoffe de champion de Robert. Il lui recommande d'aller s'entraîner au camp d'Émile Maupas, un ancien champion de lutte gréco-romaine, à Val-Morin dans les Laurentides. Le jeune lutteur y suit un rigoureux entraînement pendant dix mois.

Robert rencontre par la suite le promoteur de lutte Lucien Riopel qui lui offre, à 17 ans, de livrer son premier combat professionnel le 9 avril 1932, à l'aréna Mont-Royal.

Dès lors, le lutteur connaît une ascension fulgurante, comme l'explique l'auteur Pierre Berthelet dans la biographie Yvon Robert, le lion du Canada français. Le plus grand lutteur du Québec. Il se gagne une réputation en Nouvelle-Angleterre, où il rencontre son futur gérant Eddy Quinn et Paul Bowser, le promoteur de l'AWA.

Après quatre tentatives infructueuses de remporter le championnat du monde contre l'Américain d'origine irlandaise Dan O'Mahoney, Yvon Robert obtient une autre chance lors d'un combat qui se déroule au Forum de Montréal, le 16 juillet 1936. Le soir du combat, l'enthousiasme de la foule déborde devant la possibilité de voir un des leurs remporter le titre mondial.

À cette époque, un lutteur doit gagner deux manches sur trois pour remporter un combat. Robert, lutteur plus technique, réussit à provoquer à l'aide d'une clé de bras l'abandon de son adversaire en première manche. Plus imposant physiquement, O'Mahoney fait perdre conscience à Robert au deuxième round. Alors que Robert tente de récupérer dans le vestiaire, des rumeurs d'abandon circulent à l'entracte.

Mais, comme dans un scénario digne d'Hollywood, le lion sort de sa cage pour entamer l'ultime manche, à la joie des 10 000 spectateurs. Robert rive le quasi invincible Dan O'Mahoney au tapis grâce à un saut chassé à la hauteur du plexus.

Robert remporte son premier championnat du monde devant une foule hystérique. À 21 ans, il devient la nouvelle idole des Canadiens français, bien avant l'arrivée de Maurice Richard. Cette victoire marque le début du premier âge d'or de la lutte au Québec, qui va durer jusqu'au commencement des années 1960. Durant cette période, les amphithéâtres se remplissent, et l'arrivée de la télévision contribue à populariser davantage ce sport.

Le lutteur à la personnalité charismatique remportera ainsi 16 titres mondiaux de l'AWA au cours d'une carrière parsemée d'absences temporaires, de retraites anticipées, puis de retours calculés à la compétition, pour chaque fois mieux relancer l'intérêt des spectateurs.

Yvon Robert, le lion du Canada français

• Yvon Robert reçoit une bourse de 25 $ pour son premier combat, le 8 avril 1932 à l'aréna Mont-Royal, soit l'équivalent aujourd'hui de 345 $.

• Les combats de lutte de la première moitié du 20e siècle pouvaient durer plusieurs heures. Ainsi, le 8 octobre 1934, Yvon Robert livre un combat épique de près de trois heures contre Earl McCready. Le match sera déclaré nul.

• Né en Ontario, McCready, l'un des meilleurs lutteurs canadiens de l'histoire, s'affirme d'abord comme un champion de lutte gréco-romaine. Il participe d'ailleurs au Jeux olympiques d'Amsterdam en 1928.

• Maurice Richard, le Rocket en personne, arbitrait des soirées de lutte pour arrondir ses fins de mois durant la saison morte. Richard et Robert étaient tous deux de bons amis. Bernard Geoffrion, un autre célèbre joueur des Canadiens de Montréal, officiait également à des combats de lutte.

• Robert gagne son dernier championnat du monde en 1956 contre Wladek Kowalski avant de se retirer pour de bon à la fin de l'année suivante.

• Yvon Robert meurt le 12 juillet 1971 d'une huitième crise cardiaque.

• Le pendant d'Yvon Robert au Canada anglais s'appelle « Whipper » Billy Watson, un lutteur de Toronto. D'ailleurs, la rivalité entre les deux lutteurs s'apparente aux plus chaudes rencontres de l'époque entre les Canadiens et les Maple Leafs au hockey.

• Si les francophones affirment qu'Yvon Robert représente le meilleur lutteur de l'histoire au Canada, les anglophones attribuent ce titre à « Whipper » Billy Watson. Le livre The Pro Wrestling Hall of Fame, de l'auteur torontois Greg Oliver, classe Watson au premier rang et Robert au second des meilleurs lutteurs de l'histoire au pays. Les publications québécoises inversent les rôles.

• À partir de 1920, l'aréna Mont-Royal, situé sur l'avenue du même nom au coin de la rue Saint-Urbain, représente l'un des lieux d'attraction par excellence à Montréal. Jusque dans les années 1930, il est le domicile des Canadiens de Montréal, à l'époque des Howie Morenz, Newsie Lalonde et Georges Vézina. Des artistes du monde entier s'y produisent également, comme le ténor Enrico Caruso. Transformé en espace commercial, l'édifice sera rasé par un incendie le 29 mars 2000.

Yvon Robert, le lion du Canada français

Média : Radio

Émission : Les Jeux sont faits

Date de diffusion : 7 juillet 2001

Ressource(s) : Jean Dion, Mario Montpetit

Durée : 6 min 55 s

Dernière modification :
27 mai 2005


Fin de la liste
    etoile etoile etoile etoile etoile
  • Évaluez
  • Partagez ce clip
  • Citez ce clip




Découvrez aussi
La lutte du mercredi soir
Télévision
21 min 51 s
Dans les années 1950, la popularité des soirées de lutte incite Radio-Canada à les diffuser tous les mercredis soirs.
Johnny Rougeau, un gentleman sur le ring
Télévision
14 min 44 s
Johnny Rougeau amorce sa carrière de lutteur professionnel avec l'intention de succéder à Yvon Robert.