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Une loi force le retour au travail des infirmières

Date de diffusion : 25 juillet 1976

Le 23 juillet 1976, près de 80 députés se réunissent d'urgence à l'Assemblée nationale. Pendant deux jours, ils élaborent une loi spéciale pour forcer le retour au travail de 5500 infirmières, en grève depuis cinq semaines.

Le dimanche 25 juillet, une assemblée d'environ 1500 infirmières décide de se conformer à la loi et de retourner soigner les malades. Comme le montre ce reportage, elles suivent à contrecœur la recommandation de leur présidente, Ginette Gosselin, et de l'exécutif de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, la FIIQ.

Le 18 juin 1976, les 5500 infirmières de la FIIQ quittent leurs hôpitaux pour une grève générale illimitée. Le même jour, un front commun de 80 000 employés du ministère des Affaires sociales obtient un règlement de trois ans avec le gouvernement.

La grève paralyse 29 établissements de soins à Montréal, Joliette, Shawinigan, Grand-Mère et Amos. Les infirmières souhaitent davantage de mobilité, la liberté syndicale et demandent un horaire de travail plus souple. Elles veulent aussi obtenir des hausses de salaire.

Le samedi 24 juillet 1976, le ministre des Affaires sociales, Claude Forget, fait adopter, à 72 voix contre 5, une loi spéciale forçant le retour au travail des infirmières de la FIIQ. Le gouvernement libéral québécois oblige les travailleuses à retourner dans leurs établissements à partir du mardi 27 juillet, à minuit.

Les infirmières sortent du conflit sans aucun gain. En cas de désobéissance à la loi, elles pourront perdre 10 % de leur rétroactivité salariale et risquer des amendes allant de 50 à 250 $ par jour de grève illégale.

Une loi force le retour au travail des infirmières

• Le projet de loi 61 est la neuvième loi d'exception adoptée en six ans par l'Assemblée nationale afin de pousser des employés à retourner au travail. Ce type de loi est adopté d'urgence par les députés afin de régler une situation inhabituelle.

• Dans l'histoire du Québec, 1976 est l'année où la province a perdu le plus de jours de travail lors de grèves et de lock-out, soit environ 6 580 000 jours au total. Plus de 600 000 travailleurs ont débrayé au cours de cette période.

• À l'époque du conflit, le Québec connaît une pénurie d'infirmières dans les hôpitaux. Vu la surcharge de travail, l'Ordre des infirmières, l'association qui régit la profession, demande à ses membres de reprendre le service auprès de la population. L'Ordre va même jusqu'à menacer les infirmières en grève d'une éventuelle radiation.

• Le 2 décembre 1987, trois syndicats d'infirmières et d'infirmiers du Québec fusionnent au sein d'une nouvelle Fédération syndicale forte de 36 000 membres.

• Le 11 novembre 1986, le gouvernement libéral de Robert Bourassa fait adopter le projet de loi 160 afin d'assurer le maintien des services essentiels dans le secteur de la santé et des services sociaux. La loi prévoit, entre autres, la perte d'un an d'ancienneté et de deux jours de salaire pour chaque jour de grève.

• En septembre 1989 et à l'été 1999, après des débrayages illégaux d'une vingtaine de jours, les infirmières doivent subir ces lourdes sanctions.

Une loi force le retour au travail des infirmières

Média : Télévision

Émission : Téléjournal

Date de diffusion : 25 juillet 1976

Invité(s) : Ginette Gosselin

Ressource(s) : Gaétan Barrette, Francine Bastien

Durée : 2 min 05 s

Dernière modification :
23 décembre 2004


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