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L'ennemie de Duplessis

Date de diffusion : 19 mai 1974

En 1946, dans le contexte de la guerre froide naissante, la lutte contre le communisme revêt l'aspect d'une véritable chasse aux sorcières alimentée par l'affaire Gouzenko. Pour Duplessis, hostile au syndicalisme, ce climat est propice à déclarer la guerre aux chefs syndicaux.

Le 19 mai 1947, Duplessis ordonne l'arrestation des trois dirigeants syndicaux impliqués dans les conflits de Valleyfield et Lachute : Madeleine Parent, Kent Rowley et Azéllus Beaucage. Inculpée pour « conspiration séditieuse », Madeleine Parent est condamnée à deux ans de prison au terme de son procès. Dans cet extrait, elle revient sur l'incident.

Madeleine Parent ne purgera jamais sa peine d'emprisonnement. La cause est portée en appel, mais entre-temps, le greffier de la cour décède avant d'avoir retranscrit les notes du procès. La cour d'appel ordonne alors la tenue d'un second procès, qui aura finalement lieu en 1955. Le juge François Caron, qui a dirigé l'enquête sur la moralité publique en 1950, préside l'affaire et acquitte Madeleine Parent en moins d'une demi-heure.

Maurice Duplessis ne tolérera pas un tel affront. Madeleine Parent devient son ennemie jurée. Au-delà de son antisyndicalisme, le « Chef » lui portait une haine personnelle qui n'était pas étrangère au fait qu'elle était une femme, estime Madeleine Parent. Selon la militante, la menace était d'autant plus grande que peu de femmes s'étaient jusqu'alors engagées à la tête du mouvement syndical. Qu'une femme incite d'autres femmes à s'organiser, revendiquer et monter aux barricades apparaît comme une transgression à l'ordre établi.

L'ennemie de Duplessis

• La Dominion Textile et Maurice Duplessis répandent des rumeurs farfelues au sujet de Madeleine Parent, allant jusqu'à prétendre que celle-ci est une Russe débarquée en Gaspésie pendant la guerre.

• Au cours du procès, Duplessis identifie Madeleine Parent comme « Dame Vladimir, alias Valdimar Bjarnason », du nom de son premier mari d'origine islandaise. Prenant soin de transformer le prénom en Vladimir, les détracteurs de Madeleine Parent tentent ainsi de prouver son affiliation avec les Russes… et les communistes.

• Madeleine Parent est arrêtée cinq fois. Détenue à plusieurs reprises à la prison de Saint-Jérôme, elle raconte avoir été incarcérée dans la cage pour les chiens enragés qui lui était réservée. Le fait d'être emprisonnée n'a jamais atteint son moral indéfectible. Pour elle, ce risque faisait partie du combat.

L'ennemie de Duplessis

Média : Radio

Émission : Gens de mon pays

Date de diffusion : 19 mai 1974

Invité(s) : Madeleine Parent

Ressource(s) : Michel Désautels

Durée : 10 min 50 s

Dernière modification :
30 décembre 2008


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