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Répression contre les soi-disant communistes

Date de diffusion : 23 juin 1974

Le mouvement de répression contre le communisme s'intensifie au Québec dans les années 1930. Divers groupes catholiques et nationalistes demandent la déportation des communistes. Ainsi, le 17 avril 1937, le journal Le Devoir exige la déportation de Rose Pesotta et de Bernard Shane, dirigeants syndicaux de l'Union du vêtement pour dames.

Selon Léa Roback, les menaces du gouvernement Duplessis envers les soi-disant communistes n'ont pas fait peur aux ouvrières et n'ont pas empêché le déclenchement de la grève de la robe en 1937.

Le 24 mars 1937, le gouvernement Duplessis adopte sa fameuse « loi du cadenas » qui autorise la fermeture de tout lieu susceptible de permettre la propagande communiste, sans toutefois définir le communisme autrement que par cette vague affirmation : « le communisme, ça se sent ». Entre novembre 1937 et avril 1938, en vertu de la loi, cinq établissements communistes ont été fermés, dont deux imprimeries et deux « écoles communistes ». Cette loi sera également utilisée contre plusieurs militants syndicaux.

Répression contre les soi-disant communistes

• Née en Ukraine en 1896, Rose Pesotta se rend à New York en 1913 où elle se joint à l'Union internationale des ouvriers du vêtement pour dames (UIOVD). Vice-présidente du syndicat en 1934 et seule femme à obtenir un poste aussi élevé dans la hiérarchie syndicale à l'époque, elle est envoyée à Montréal afin d'organiser les ouvrières de la robe. Ses convictions anarchistes la font entrer en conflit avec le dirigeant du syndicat. Après avoir syndiqué des ouvriers à travers les États-Unis et jusqu'à Puerto Rico, elle retourne travailler en atelier en 1942.

• Le 1er avril 1933, le service de police de la Ville de Montréal se dote d'une « escouade des communistes ». Les constables de l'« escouade rouge » sont dépêchés aux réunions publiques, notamment celles de la IIIe Internationale, et effectuent de multiples descentes et arrestations. Cette même année, une loi interdit l'affichage ou la distribution de circulaires sans qu'elles soient préalablement approuvées par le chef de police.

• L'article 3 de la Loi protégeant la province contre la propagande communiste (communément appelée « loi du cadenas ») énonce qu'« il est illégal pour toute personne qui possède ou occupe une maison dans la province de l'utiliser ou de permettre à une personne d'en faire usage pour propager le communisme ou le bolchévisme par quelque moyen que ce soit ».

• La loi du cadenas fait l'objet d'une contestation constitutionnelle de 1949 à 1957. Le 8 mars 1957, un jugement de la Cour suprême déclare que la loi du cadenas est inconstitutionnelle. Plus de 20 ans après son adoption, la loi est donc invalidée, sur la base qu'elle constitue une intrusion dans le domaine fédéral du droit criminel.

Répression contre les soi-disant communistes

Média : Radio

Émission : Ce n'était qu'un début

Date de diffusion : 23 juin 1974

Invité(s) : Léa Roback

Ressource(s) : Pierre Olivier

Durée : 6 min 01 s

Dernière modification :
3 septembre 2004


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