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Période : 1954 - 2004
Les doukhobors, lutteurs de l'esprit
Membres d'une secte religieuse russe fuyant la persécution à la fin du 19e siècle, quelque 7000 doukhobors s'installent en Saskatchewan en 1898. Quelques années plus tard, certains d'entre eux migrent vers la Colombie-Britannique. Ce sont surtout les frasques d'une aile radicale, les Fils de la liberté, que les médias et le public retiennent des doukhobors. Ceux-ci brûlent des édifices et se mettent nus en guise de protestation. Cependant, la majorité modérée s'est intégrée, au fil des années, à la société canadienne.
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L'exode des Fils de la liberté
Date de diffusion : 16 novembre 1963
Les Fils de la liberté sont particulièrement actifs au début des années 1960. On leur attribue 259 incendies et attentats à la bombe dans la région des Kootenays. Plusieurs d'entre eux sont arrêtés et incarcérés à la prison Mountain d'Agassiz, près de Vancouver. Le reste de la communauté brûle alors les maisons de Krestova et entreprend une marche d'un an pour s'établir près de la prison.Ce reportage signé Carl Dubuc raconte le long périple de ces dissidents doukhobors.
Les Fils de la liberté, appelés « Freedomites » en anglais, refusent toute ingérence de l'État, qu'il s'agisse de payer des impôts, de devenir citoyens canadiens ou d'envoyer leurs enfants à l'école publique. Ils désirent garder les traditions de leurs ancêtres, estimant que les autres doukhobors ont perdu leurs valeurs traditionnelles, dont eux-mêmes se croient garants.
Ce refus de l'intégration et de la modernité engendre des confrontations parfois violentes avec les autorités gouvernementales. S'ils ne s'attaquent pas aux êtres humains, les Freedomites n'hésitent pas à brûler leurs propres maisons en signe de protestation. Ils s'attaquent également aux institutions (écoles et musées, par exemple) des autres doukhobors.
Au milieu du 20e siècle, l'État tente d'intégrer les Fils de la liberté à la société canadienne, de gré ou de force, entre autres par l'internement des enfants dans des pensionnats. Ceux-ci répondent par une recrudescence d'actes de violences, par le biais d'incendies. En 1962, le gouvernement de la Colombie-Britannique envoie 200 agents de la Gendarmerie royale du Canada dans la région des Kootenays.
Le 6 mars 1962, des Fils de la liberté détruisent un pylône électrique; le 24 mars, la Gendarmerie royale du Canada fait une descente sur Krestova et arrête neuf personnes, qui seront condamnées à 15 ans de prison. En septembre de cette même année, les habitants du village brûlent leurs maisons et marchent jusqu'à la prison d'Agassiz, où sont internés une centaine de doukhobors, auprès de laquelle ils camperont jusqu'en 1972.
L'exode des Fils de la liberté
• La prison d'Agassiz avait été construite en juillet 1962 pour accueillir les Fils de la liberté. Les huttes en métal empêchaient toute tentative d'incendie.• Les quelque 800 Fils de la liberté arrivés de Krestova construisent un bidonville aux portes de la prison en 1962. Ils y resteront dix ans puis s'installeront définitivement dans la région.
• Comme le rapporte l'Équipe de recherche sur le terrorisme et l'antiterrorisme au Canada (ERTA), les deux groupes ayant commis le plus d'actes dits « de terrorisme intérieur » au pays sont le Front de libération du Québec, qui a sévi dans les années 1960 et au début des années 1970 au Québec, et les doukhobors de la branche des Fils de la liberté.
• Les actes des Fils de la liberté sont de la catégorie du terrorisme religieux.
L'exode des Fils de la liberté
Média : Télévision
Émission : Champ libre
Date de diffusion : 16 novembre 1963
Invité(s) : Robert Boller, William Evans, John Lebedoff, Michael Odane
Ressource(s) : Carl Dubuc, Judith Jasmin
Durée : 36 min 19 s
Dernière modification :
7 novembre 2005
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L'exode des Fils de la liberté.
Les Archives de Radio-Canada.
Société Radio-Canada.
Dernière mise à jour : 7 novembre 2005.
[Page consultée le 22 mai 2013.]