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Le déclin de la vocation

Date de diffusion : 27 avril 1972

Le déclin de la vocation missionnaire coïncide avec la perte de vitesse de l'Église catholique au Québec après les années 1960. De moins en moins de jeunes s'engagent dans la prêtrise, et de nombreuses églises locales abandonnent le triomphalisme de la mission pour se tourner vers la promotion et le développement culturel.

D'autre part, pendant plusieurs années, la mission était le seul moyen pour les jeunes de voyager dans le monde. L'arrivée d'organisations impliquées dans le développement humanitaire offre désormais cette possibilité. De retour d'une œuvre au Pérou, le père François Lapierre explique les raisons de la baisse de popularité des missions.

Dans son livre, Le Canada français missionnaire, le chanoine Lionel Groulx recense, en 1959, près de 5000 missionnaires d'ici répartis dans 68 pays. Près de 40 ans plus tard, une étude de la Conférence religieuse canadienne en compte moins de la moitié. L'enquête de 1998 attribue cette baisse au vieillissement des membres, au faible recrutement et à la reprise des vocations par les autochtones. En fait, ce dernier facteur constitue la planche de salut pour la vocation missionnaire. Au Guatemala, en Haïti ou au Rwanda, ce sont les clergés locaux qui perpétuent la tradition catholique et l'action sociale.

Dès les années 1950, la mission amorce un changement conceptuel. Il n'y a plus une seule définition de la mission mais plusieurs. Car de multiples courants de pensée existent au sein de l'Église. Si certains trouvent leur salut dans l'action sociale et l'aide humanitaire, d'autres, plus à droite et moins près du peuple, s'attardent aux structures ecclésiales.

Ces diverses tendances ouvrent la voie au concept de l'inculturation, une idée que les missionnaires interprètent selon leurs convictions personnelles.

Que le missionnaire écarte l'essentiel de la foi chrétienne pour mieux s'intégrer aux coutumes locales, qu'il emprunte le discours de la foi pour s'engager dans des luttes politiques à caractère marxiste ou qu'il mette sur un pied d'égalité les cultures chrétienne et non chrétienne, voilà autant d'interprétations du concept d'inculturation.

L'époque de la domination culturelle des représentants de Dieu sur la population autochtone est révolue. Désormais, chacun peut apporter quelque chose à l'autre. Le vent de justice sociale et de droits humanitaires des années 1960, de même que l'entrée en vigueur des décrets du concile Vatican II, redéfinissent le sens de la mission.

Le déclin de la vocation

• Malgré le déclin de la vocation au Canada, le nombre de missionnaires n'a jamais cessé d'augmenter. Il y en aurait actuellement près de 400 000 dans le monde. La majorité n'est cependant plus catholique.

• Durant la Seconde Guerre mondiale, l'élan missionnaire s'essouffle quelque peu. Entre 1940 et 1945, l'essentiel des 560 départs en missions sont dirigés vers l'Amérique latine. Huit missions s'établissent à Haïti, deux au Brésil et une au Chili, en République Dominicaine, en Colombie et à Cuba. Les besoins sont immenses car le continent compte 34 % des catholiques du globe. Jusque dans les années 1980, le nombre de communautés va continuellement augmenter pour dépasser les 70.

Le déclin de la vocation

Média : Radio

Émission : Présent édition nationale

Date de diffusion : 27 avril 1972

Invité(s) : François Lapierre

Ressource(s) : Gil Courtemanche, Gabi Drouin

Durée : 5 min 15 s

Dernière modification :
30 janvier 2004


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