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Des enfants, de l'essence et de la mort

Date de diffusion : 28 janvier 1993

Moins d'un an après l'incendie qui emporta six enfants, le Canada et le monde entier sont frappés par des images d'horreur. Sur une vidéo tournée par l'agent Simeon Jacobish et diffusée à travers le pays, on voit six jeunes Innus, à peine des adolescents, qui se sont enfermés dans un cabanon non chauffé par une température de moins 40 degrés, respirant des vapeurs d'essence et criant leur envie de mourir. Le compte rendu d'Annette Bolduc aux Actualités permet aux auditeurs de découvrir les conditions de vie à Davis Inlet.

Après la tentative de suicide des six enfants, les médias débarquent à Davis Inlet et dévoilent ce qu'est la vie dans le village innu. Des maisons insalubres, sans eau courante, où un sceau tient lieu de toilette, mal isolées, sont disséminées sur un terrain sans route, jonché de détritus, le service de collecte des déchets domestiques n'existant pas. Des adultes ivres titubent pendant que des enfants d'à peine 10 ans plongent leur visage dans des sacs en plastique et inhalent des vapeurs d'essence qui les rendent euphoriques. Ces images font le tour du monde.

En mars 1993, quelques mois après les événements, le ministre de la Santé et du Bien-Être social du Canada, Benoît Bouchard, annonce la tenue d'une enquête fédérale sur les causes des problèmes d'intoxication par vapeur d'essence non seulement à Davis Inlet, mais dans toutes les communautés autochtones.

Dans le même souffle, le gouvernement s'engage à assumer les frais de transport des enfants intoxiqués de Davis Inlet afin qu'ils soient traités dans le centre de désintoxication de leur choix.

Des enfants, de l'essence et de la mort

• Au moment de l'annonce de la tenue de l'enquête par le ministre Bouchard, un colloque national sur la prévention du suicide chez les peuples autochtones se déroulait à Ottawa.

• Ovide Mercredi, alors chef de l'Assemblée des Premières nations, y déclarait que seule une Constitution remaniée, reconnaissant le principe d'autonomie gouvernementale, permettrait aux autochtones de se prendre en main pour gérer leur avenir.

• Avant même que n'éclatent les incidents de Davis Inlet, le gouvernement canadien avait instauré, en 1991, la Commission royale d'enquête sur les peuples autochtones, présidée par le juge René Dussault et le leader autochtone Georges Erasmus (consultez notre dossier La croisade de Georges Erasmus).

• Le rapport, en cinq volumes, réalisé au coût de 58 millions de dollars, a été déposé en 1996. Il contient une centaine de recommandations et préconise un changement profond des relations entre autochtones et non-autochtones.

• On doit le nom Davis Inlet à John Davis, navigateur anglais qui tente de rejoindre l'Asie en passant par l'Arctique. Il navigue sur les côtes du Labrador en 1587 et cartographie les côtes du Groenland, de l'île de Baffin et du Labrador.

• Inlet est un terme anglais qui signifie crique. Plusieurs villages de la côte nord du Canada portent le nom Inlet : Rankin Inlet, Bathurst Inlet, Pond Inlet…

Des enfants, de l'essence et de la mort

Média : Radio

Émission : Les Actualités (radio)

Date de diffusion : 28 janvier 1993

Invité(s) : Bill Partridge, George Rich

Ressource(s) : Annette Bolduc, Marie-Hélène Poirier

Durée : 8 min 39 s

Dernière modification :
4 juin 2008


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