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Travailler pour vivre ou pour se réaliser?

Date de diffusion : 15 septembre 1996

En plus de quitter le domicile familial plus tard, plusieurs personnes dans la vingtaine reviennent périodiquement au foyer pendant des périodes prolongées de recherche d'emploi. C'est le cas de Suzanne Dufour dont l'itinéraire est présenté dans ce reportage. Faute d'emploi, 17 % des jeunes diplômés poursuivent des études aux cycles supérieurs. Au total, moins de quatre étudiants sur dix trouveront un emploi dans leur domaine d'études. De plus, nombreux sont les jeunes qui s'endettent au cours de leurs études. Depuis 1990, les frais de scolarité ont presque triplé, certains diplômés cumulent des dettes qui dépassent les 30 000 $.

Face aux contraintes liées au marché du travail, les jeunes adoptent des comportements qui sont autant de stratégies d'adaptation. La polyvalence, la diversité des expériences et l'expertise dans la recherche d'emploi figurent parmi les atouts développés par les jeunes. Pour Madeleine Gauthier, sociologue à l'INRS-Culture et société, « ce qui frappe, c'est la capacité d'adaptation aux situations nouvelles. Un certain réalisme fait aussi en sorte que le jeune apprend à composer avec les incertitudes et à organiser sa vie en conséquence ».

Pour plusieurs jeunes dans la vingtaine ayant déniché un travail, la course d'obstacles n'est pas pour autant terminée. Certains cumulent plusieurs emplois, travaillent plus de 60 heures par semaine sans pour autant obtenir une sécurité d'emploi. Gérard Ouimet, un professeur aux Hautes Études commerciales, a qualifié cette jeunesse de « génération Glad », c'est-à-dire peu coûteuse, résistante et jetable après usage. Pourtant, cette résistance à toute épreuve a ses limites. Un phénomène nouveau et inquiétant est apparu récemment : l'épuisement professionnel chez des travailleurs âgés de 20 à 35 ans.

Travailler pour vivre ou pour se réaliser?

• Le recensement canadien de 1991 indique que les 20-24 ans vivent encore majoritairement chez leurs parents, dans une proportion de 51 %. Le pourcentage de travailleurs qui résident chez leurs parents s'est lui aussi accru. La proportion des travailleurs âgés de 25 à 29 ans vivant au domicile familial est passée de 11,4 % en 1981 à 19 % en 1998. Chez les 30-34 ans, ce taux est passé de 3 % à 6,8 %. Les hommes sont plus nombreux que les femmes à vivre chez leurs parents.

• À l'automne 2003, les étudiants inscrits à un programme universitaire de premier cycle au Canada paient en moyenne 4025 $ en frais de scolarité. Au Québec, le taux moyen se chiffre à 1862 $. Il s'agit de la province où le taux demeure le plus bas, alors que c'est en Nouvelle-Écosse, suivie par l'Ontario, où les taux sont les plus élevés.

• De 1990-1991 à 2000-2001, les frais de scolarité moyens des étudiants canadiens inscrits à un programme de premier cycle se sont accrus de 135,4 %, ce qui représente une hausse six fois plus rapide que celle de 20,6 % du taux d'inflation tel que mesuré par l'indice des prix à la consommation.

• Le 21 octobre 1986, le ministre de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Science du Québec, Claude Ryan, annonce le gel des frais de scolarité des universités québécoises jusqu'en 1989. Cette décision du gouvernement libéral survient dans une période de vive contestation, marquée par la grève de milliers d'étudiants universitaires. Les frais de scolarité des universités québécoises, demeurés fixes depuis 1966, resteront donc les moins élevés au Canada.

• Les hommes sont plus susceptibles que les femmes de quitter l'école prématurément. En 1999, 15 % des hommes de 20 ans, contre seulement 9 % de leurs homologues féminins, n'avaient pas terminé leurs études secondaires et ne fréquentaient plus l'école.

Travailler pour vivre ou pour se réaliser?

Média : Télévision

Émission : Les Beaux Dimanches

Date de diffusion : 15 septembre 1996

Invité(s) : Suzanne Dufour, Hélène Loubert, Chantal Savard-Lamontagne

Ressource(s) : Pierre Sormany

Durée : 10 min 05 s

Dernière modification :
30 mars 2005


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