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Les veuves du quartier chinois

Date de diffusion : 11 janvier 1983

Dans les années 1960 et 1970, le quartier chinois de Montréal est l'objet de plusieurs transformations. La destruction d'immeubles de logements vétustes, remplacés par d'imposants édifices comme le Palais des congrès et les complexes Guy-Favreau et Desjardins, provoque le départ de plusieurs résidents du quartier.

Au début des années 1960, le quartier chinois compte quelque milliers de résidents. Vingt ans plus tard, il n'en reste plus que 500. Les deux tiers sont des veuves chinoises sans le sous, allophones et vivant dans l'exclusion. Le journaliste Jean-Pierre Fournier raconte la condition misérable des « ahmo ».

La rue Saint-Laurent s'avère un choix stratégique pour les immigrants chinois de la fin du 19e et du début du 20e siècle. En effet, la « Main » représente à cette époque la principale artère commerciale d'un Montréal en pleine effervescence économique.

La concentration ethnique et la volonté d'ouvrir des commerces autour du secteur des rues Saint-Laurent et de la Gauchetière permettent à la communauté chinoise de se forger rapidement son propre univers culturel.

Ainsi, les Chinois peuvent acheter des produits et des aliments de leur pays d'origine, aller chez le coiffeur, se faire confectionner un habit ou partager les mêmes activités et loisirs culturels. Désormais, ils vivent et travaillent dans leur langue, le cantonnais.

Ce modèle d'évitement se répand à divers degrés dans la plupart des grandes villes canadiennes. En effet, le quartier chinois de Vancouver est beaucoup plus imposant que celui de Montréal, alors qu'à Toronto, il existe non pas un, mais quatre Chinatown! Ces quartiers deviennent des centres d'attractions aussi bien pour les Chinois de l'extérieur que pour les autres communautés.

À Montréal, la stratégie d'évitement comporte sa part de revers. En effet, à cause de l'âge avancé de ses membres, la communauté chinoise tend, jusque dans les années 1970, à se refermer sur elle-même. Puisque l'intégration à la société francophone semble plus difficile, elle préfère choisir l'anglais pour des raisons économiques et parce qu'elle est traditionnellement plus proche de l'Empire britannique.

Mais depuis les années 1980, les Chinois de Montréal s'intègrent davantage à la société québécoise. Ils habitent différents quartiers de la ville et occupent des postes souvent très spécialisés : en génie, en médecine, en informatique ou dans le domaine des affaires. Les Chinois parlent aussi de plus en plus le français, en particulier les jeunes et les plus instruits.

Les veuves du quartier chinois

• Issu d'un dialecte chinois, le terme « Ahmo » désigne les personnes du troisième âge. Cette expression demeure toutefois respectueuse puisque dans la culture chinoise les personnes âgées sont vénérées, contrairement en Occident.

• Aujourd'hui, des quartiers chinois dynamiques se retrouvent dans la plupart des grandes villes canadiennes, comme Vancouver, Victoria, Calgary, Edmonton, Winnipeg, Toronto et Montréal.

• Depuis une quinzaine d'années, plusieurs Chinois ont choisi de s'établir en banlieue, comme à Richmond en Colombie-Britannique, à Brossard, sur la rive sud de Montréal, ou à Scarborough, Markham et Richmond Hill, près de Toronto.

• Au début du 20e siècle, la ville de Québec possède une petite communauté chinoise répartie dans différents quartiers, dont celui de Saint-Roch, près du port. Vers le milieu du siècle, la plupart d'entre eux quittent vers les Maritimes ou reviennent à Montréal et Toronto. Depuis, le quartier a été rasé. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques restaurants et épiceries sur la rue Saint-Vallier Ouest, dans le même secteur.

Les veuves du quartier chinois

Média : Télévision

Émission : Première Page

Date de diffusion : 11 janvier 1983

Invité(s) : Yvon Lamarre, François Meng, Thomas Tou

Ressource(s) : Jean-Pierre Fournier, Louis Martin

Durée : 15 min 10 s

Dernière modification :
25 avril 2005


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