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L'Empress of Ireland à l'abri des pilleurs

Date de diffusion : 3 octobre 1986

Le 28 avril 1998, le ministère de la Culture et des Communications du Québec classe l'épave de l'Empress of Ireland bien historique et archéologique. Le paquebot, fleuron du Canadien Pacifique, a sombré le 29 mai 1914 au large de Sainte-Luce, non loin de Rimouski. Le gouvernement répond ainsi à la mobilisation d'organismes de la région qui souhaitaient protéger les vestiges de l'Empress of Ireland, abandonnés aux mains des pilleurs depuis une trentaine d'années. L'émission Contrechamp rappelle la plus grave tragédie de l'histoire maritime du Canada.

Pour souligner sa participation à la conquête de l'Atlantique, la Canadian Pacific Railway Company (CPR) commande, en 1904, deux paquebots jumeaux à une firme navale écossaise, la Fairfield Shipbuilding and Engineering Company de Glasgow. Lors de leur baptême, à l'été 1906, l'Empress of Ireland et l'Empress of Britain deviennent les navires les plus grands, les plus confortables et les plus rapides de la flotte canadienne.

Leur décor spacieux et somptueux est composé de riches boiseries, de foyers, de plantes et de fleurs. La première classe profite d'une salle de musique et d'écriture, d'un café, d'une superbe salle à manger et d'une bibliothèque.

Le 28 mai 1914 vers 16 h 30, l'Empress of Ireland et ses 1477 passagers quittent la ville de Québec en direction de Liverpool, en Angleterre. À son bord, plus de 1100 tonnes de cargaison, dont 252 lingots d'argent. Dans la nuit du 29 mai, un épais brouillard empêche toute visibilité. Le luxueux navire est alors percuté par un charbonnier norvégien, le Storstad, arrivé en sens contraire.

Le Storstad réussit à se dégager de l'Empress, mais laisse un trou de 4 mètres sur 14 dans le flanc droit du paquebot, par où s'infiltre plus de 225 000 litres d'eau à la seconde. Le paquebot coule en 14 minutes seulement.

Le naufrage provoque ainsi la mort de 1012 passagers (et non 1014 comme il est dit dans le reportage). Les 465 survivants sont transportés vers Rimouski. De son côté, la CPR tente de renflouer le navire quelques jours après, afin de récupérer la cargaison de valeur, les sacs de la poste et les corps pour les remettre aux familles. Malheureusement, la position de l'épave au fond de l'eau force l'équipe de plongeurs à abandonner cette option. Les scaphandriers se contentent de remonter quelques objets de valeur, dont les lingots d'argent, et environ 250 cadavres.

Il faudra attendre 1964 avant qu'une nouvelle équipe de plongeurs redécouvre l'épave. Depuis, plusieurs plongeurs, dont des pilleurs, ont récupéré des pièces d'histoire de grande valeur.

L'Empress of Ireland à l'abri des pilleurs

• Le drame de l'Empress of Ireland se déroule près de deux ans après que le Titanic eut sombré à la suite d'un contact avec un iceberg au large de Terre-Neuve, le 15 avril 1912. Le tragédie du Titanic a provoqué la mort de 2200 personnes.

• Après le naufrage du Titanic, les concepteurs de l'Empress améliore la capacité de sauvetage des passagers. Le paquebot dispose de 42 chaloupes d'une capacité de 1686 personnes. Ils possèdent également 24 bouées et 2212 gilets de sauvetage dont 150 conçus pour des enfants.

• L'Empress est aussi équipé d'un système de télégraphie sans fil Marconi et de détection d'icebergs par signaux sous-marins.

• Les deux Empress mesurent 172 mètres de long sur 20 de large. Ils comptent sept ponts, dont le plus élevé se situe à 14 mètres au-dessus de la ligne de flottaison. Les deux hélices en bronze de 25 tonnes, soutenues par deux moteurs à quadruple expansion, propulsent les navires à 20 nœuds, soit 37 km/h, en haute mer.

• L'épave de l'Empress of Ireland gît à 45 mètres de fond et à sept kilomètres du rivage de Sainte-Luce, couchée à tribord.

• Toute épave récupérée dans les eaux canadiennes doit être déclarée au receveur d'épaves du Canada, organisme de Pêches et Océans Canada. Repêcher une épave sans la déclarer auprès de l'organisme gouvernemental est considéré comme du pillage. Dans ce cas, le receveur peut entreprendre la perquisition ou la saisie des morceaux, ainsi que des procédures judiciaires contre les fautifs.

• Les revenus tirés de l'épave déclarée sont partagés moitié-moitié entre celui qui la récupère et la Couronne. Selon plusieurs groupes de défense du patrimoine, le gouvernement encouragerait le pillage par cette procédure.

L'Empress of Ireland à l'abri des pilleurs

Média : Télévision

Émission : Contrechamp

Date de diffusion : 3 octobre 1986

Invité(s) : Philippe Beaudry, Ronald Ferguson, Jean-Pierre Filion, Birt Greenaway, Édouard Lepage, Grace Martin, Jean-Baptiste Saint-Laurent

Ressource(s) : Robert Tremblay

Durée : 10 min 23 s

Dernière modification :
23 février 2009


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