Aller au menu Plan du site
  • Taille normale
  • Taille moyenne
  • Grande taille

CBC Digital Archives

Accueil · Société · Histoire · Triste fin pour le Bluenose

Triste fin pour le Bluenose

Date de diffusion : 27 juin 1984

Le 28 janvier 1946, le Bluenose, le plus célèbre des voiliers canadiens, s'échoue dans la mer des Caraïbes, au large d'Haïti. Entre 1921 et 1938, la goélette de pêche remporte la plupart de ses courses et s'impose comme la reine de l'Atlantique Nord. Elle deviendra la fierté et le symbole de la Nouvelle-Écosse.

À l'été 1984, lors des festivités du 450e anniversaire de l'arrivée de Jacques Cartier au Canada, le Bluenose II, une réplique fidèle du modèle original, ouvrira la voie de la parade du retour des grands voiliers à Québec. Le commentateur Jean Pagé dresse un survol historique de la célèbre goélette.

À l'automne 1920, un groupe d'hommes d'affaires de Halifax confie à l'architecte naval William J. Roué le soin de concevoir une goélette de pêche capable de se mesurer à l'Esperanto, un navire américain vainqueur de l'International Fishermen's Race.

Le Bluenose est baptisé le 26 mars 1921, à Lunenberg, en Nouvelle-Écosse. La goélette est à la fois conçue pour la course et la pêche commerciale. Le capitaine de réputation internationale Angus Walters et son équipage mènent le Bluenose à sa première victoire en octobre 1921. Le Bluenose remportera cinq fois le trophée de l'International Fishermen's Race, ainsi que plusieurs autres courses prestigieuses.

La célébrité du voilier l'amène à figurer dans diverses rencontres internationales. Ainsi, en 1933, le Bluenose représente le pays lors de l'Exposition universelle de Chicago. Deux ans plus tard, l'élégant voilier part pour l'Angleterre, où il symbolise le Canada au jubilé d'argent du roi George V.

Après 1938, le bateau tombe en désuétude. Malgré les efforts consentis pour le préserver et l'élever au rang d'emblème national, le Bluenose est vendu en 1942 à une société commerciale. Il devient alors un navire de transport de marchandises dans les Antilles, avant de s'échouer quatre ans plus tard sur un récif de corail au large de l'île à Vache, près d'Haïti.

La légende du Bluenose renaît au début des années 1960. La société Smith & Rhuland reçoit un contrat de la MGM pour la construction d'une réplique du célèbre HMS Bounty, qui doit servir à tourner le film Les Révoltés du Bounty (Mutiny on the Bounty, 1962). L'événement suscite l'enthousiasme et ravive l'intérêt pour le Bluenose.

La famille Oland de Halifax, propriétaire d'une brasserie et fervente amatrice du patrimoine maritime de la Nouvelle-Écosse, décide alors de financer la réalisation d'une réplique du Bluenose à laquelle participent Angus Walters et W.J. Roué. Le Bluenose II touche l'eau le 24 juillet 1963.

Triste fin pour le Bluenose

• Le Bluenose est construit au chantier naval Smith & Rhuland de Lunenberg au coût de 35 000 $ (313 500 $ en 2004).

• En comparaison, la famille Oland a déboursé 300 000 $ (1,9 million en 2004) pour la construction du Bluenose II. La réputation du voilier a toutefois servi à la promotion de la marque maison de la brasserie.

• Le Bluenose a bien failli couler en 1935. De retour d'Angleterre, où il représentait le Canada lors du jubilé d'argent du roi George V, le navire affronte une violente tempête dans la Manche. Bien que les immenses vagues ont presque noyé le bateau, il réussit à franchir la tourmente indemne.

• L'origine du mot « bluenose » demeure obscure. Selon le service des archives de la Nouvelle-Écosse, il remonterait à 1785, alors que le révérend loyaliste Jacob Bailey surnomme ainsi les Néo-Écossais établis depuis longtemps dans la presqu'île.

• Mais la première utilisation publiée du terme « bluenose » revient à l'auteur Thomas Chandler Haliburton (1796-1865) dans son livre The Clockmaker: or, the Sayings and Doings of Samuel Slick of Slickville (1838). Sam, le personnage central du roman surnomme ainsi les Néo-Écossais.

• Pour souligner les exploits du Bluenose, Postes Canada émet un timbre de 50 cents le 8 janvier 1929. La transposition provient d'une gravure de Harold Osborne. Timbre rare, le Bluenose fait aujourd'hui l'objet de convoitise chez les philatélistes.

• L'image du Bluenose se retrouve sur l'un des côtés de la pièce de dix cents canadiens depuis 1937. L'œuvre est de l'artiste Emmanuel Hahn.

• En plus d'être un célèbre voilier de course, le Bluenose était un remarquable bateau de pêche. Il détient d'ailleurs le record de la plus grosse prise de poisson de Lunenberg.

• Le Bluenose mesurait 43,6 m de longueur, et son grand mât avait une hauteur de 38,13 m. Il pouvait déployer 929 mètres carrés de voiles.

Triste fin pour le Bluenose

Média : Télévision

Émission : Québec cet été

Date de diffusion : 27 juin 1984

Ressource(s) : Jean Pagé, Gérard Potvin

Durée : 3 min 41 s

Permission du Bluenose II Preservation Trust

Dernière modification :
11 mars 2008


Fin de la liste
    etoile etoile etoile etoile etoile
  • Évaluez
  • Partagez ce clip
  • Citez ce clip




Découvrez aussi
Évasion d'Iran
Radio
7 min 50 s
28 janvier 1980
En janvier 1980, après avoir été hébergés pendant 79 jours par des Canadiens, des diplomates américains parviennent à s'enfuir d'Iran.
L'Empress of Ireland à l'abri des pilleurs
Télévision
10 min 23 s
28 avril 1998
Le gouvernement québécois désigne l'épave du paquebot Empress of Ireland monument historique, dans le but de la protéger du pillage.