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Des caméras dans les rues de la ville

Date de diffusion : 7 avril 2004

Depuis 1990, un nombre croissant de villes canadiennes installent des caméras de surveillance dans leurs rues. Opérées par la police, mais réclamées par les élus municipaux, des commerçants et des résidents, ces caméras sont souvent installées dans des quartiers où le taux de criminalité est élevé.

C'est le cas du Quartier latin à Montréal, où un projet pilote de surveillance par caméra baptisé « Robot-Cam » est implanté au printemps 2004. Le journaliste Étienne Leblanc explique de quoi il s'agit.

Les auteurs des nombreuses études réalisées depuis les années 1990 sur la vidéosurveillance dans les rues ne s'entendent pas sur son efficacité à freiner la criminalité.

Certains estiment qu'elle la fait baisser de manière notable. D'autres rétorquent qu'elle ne fait que déplacer la délinquance vers des zones non surveillées et qu'elle peut inciter au profilage racial et socioéconomique. En outre, il appert que la vidéosurveillance procure davantage un sentiment de sécurité que la sécurité elle-même aux usagers des quartiers visés.

Pour certains, les caméras de surveillance devraient être un dernier recours, envisagé seulement quand les autres modes d'intervention se sont révélés inefficaces. Il faudrait plutôt s'attaquer aux sources de la délinquance et de la criminalité comme la pauvreté.

Dans ce contexte, et compte tenu de la menace à la vie privée qu'elle représente, la vidéosurveillance dans les rues est-elle nécessaire et dans quelles circonstances doit-elle être utilisée? C'est à ces questions que les défenseurs de la vie privée réclament des réponses juridiques claires.

Des caméras dans les rues de la ville

• Dans un avis juridique rendu en 2001 et fréquemment cité, l'ex-juge de la Cour suprême du Canada, Gérard La Forest, affirme que la vidéosurveillance en continu « équivaut à l'affectation d'agents de police individuels pour suivre de près, 24 heures sur 24, chaque personne se trouvant dans un certain espace géographique. Cela serait un État policier, pas une société libre. »

• Dans le même avis juridique, Gérard La Forest reconnaît cependant que : « ...la surveillance d'individus donnés dans des lieux publics peut être permissible. Et il peut y avoir des situations où des formes limitées de surveillance générale sont justifiées, par exemple, la surveillance en temps limité d'un événement nécessitant une grande sécurité. »

• En 1990, Sherbrooke devient la première ville au Québec à recourir à la vidéosurveillance dans les rues. En 1992, elle cesse l'enregistrement en continu à la demande de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) et de la Commission d'accès à l'information du Québec (CAI).

• Le meurtre de Julie Boisvenu en 2002 amène la Ville de Sherbrooke à revoir ses positions. L'enlèvement de la jeune femme a été capté par l'œil de la caméra, mais n'a pas été enregistré. Les autorités pensent que l'enregistrement en continu aurait peut-être permis d'identifier et de retracer le ravisseur avant que le meurtre soit commis.

Des caméras dans les rues de la ville

Média : Radio

Émission : Desautels

Date de diffusion : 7 avril 2004

Ressource(s) : Michel Désautels, Étienne Leblanc

Durée : 9 min 04 s

Dernière modification :
14 juin 2005


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