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Quelles balises pour les médecins?

Date de diffusion : 16 septembre 2002

En 2002, le Centre de bioéthique de l'Université de Toronto publie une étude selon laquelle des médecins hésitent à donner des médicaments pour soulager la douleur, de peur de précipiter la mort de leurs patients et d'être accusés d'euthanasie.

Que les médicaments contre la douleur puissent accélérer la mort ne fait pas consensus dans le monde médical. Mais comme la seule distinction entre soins palliatifs et euthanasie est l'intention du médecin, certains pêchent par excès de prudence, au détriment du malade. L'avocat et éthicien Martin Hébert commente ce flou juridique au micro de Jean Dussault.

Plusieurs acteurs du milieu médical, notamment en soins palliatifs, affirment que les demandes de suicide assisté et d'euthanasie sont rarissimes au Canada. Il faut rappeler que, par définition, le concept des soins palliatifs s'oppose à toute forme de contrôle sur la mort. Certains croient pourtant que, pour mieux répondre aux besoins des patients en phase terminale, ces approches devraient être complémentaires.

Chez les partisans de la légalisation, on soutient que les demandes sont fréquentes, notamment chez les personnes atteintes de cancer et les sidéens. Toutefois, le caractère illicite de ces actes rend toutes statistiques impossibles.

Au cours des années 1990, les Sue Rodriguez, Nancy B., Robert Latimer et autres ont fait la manchette, obligeant les Canadiens à s'interroger sur le sens de la compassion et de la mort dans notre société.

Les mentalités semblent évoluer plus vite que le système judiciaire. Droit individuel et droit commun se heurtent souvent. La médecine se transforme, mais ni le suicide assisté ni l'euthanasie ne font consensus au sein de la profession médicale. Pour un médecin, acquiescer ou non à une telle demande reste lourd de conséquences, dans un cas comme dans l'autre.

Quelles balises pour les médecins?

• Le testament biologique ou de vie (ou directives de fin de vie) dont parle maître Hébert a été intégré au Code civil du Québec en 1994. Il permet à une personne d'exprimer par écrit sa volonté quant aux soins ou aux traitements qu'elle désire ou non recevoir, dans le cas où elle deviendrait inapte à donner son consentement.

• Le testament biologique vise aussi à éviter les situations d'acharnement thérapeutique. Il n'a pas valeur légale, mais éclaire à tout le moins les proches et le personnel médical sur les dernières volontés du testateur.

• En mai 1997, la docteure Nancy Morrison de Halifax est arrêtée pour le meurtre au premier degré d'un de ses patients, Paul Mills. Un collègue de la docteure Morrison a dénoncé la pneumologue en révélant qu'elle a injecté une dose mortelle de chlorure de potassium à son patient atteint d'un cancer de l'œsophage. Le respirateur de Mills avait au préalable été débranché avec le consentement de la famille, et Mills était très souffrant. En 1998, la Cour suprême de Nouvelle-Écosse a abandonné la poursuite, faute de preuves suffisantes.

Quelles balises pour les médecins?

Média : Radio

Émission : La Tribune du Québec

Date de diffusion : 16 septembre 2002

Invité(s) : Martin Hébert

Ressource(s) : Jean Dussault

Durée : 4 min 58 s

Dernière modification :
3 septembre 2004


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