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L'euthanasie : solution de désespoir?

Date de diffusion : 23 mai 1993

L'euthanasie est-elle la seule réponse viable à une médecine qui n'en finit plus de repousser les limites de la maladie? Une solution de désespoir, faute d'avoir mieux à offrir aux malades en phase terminale? Le reflet d'une perte du sens de la mort ou un signe de sa réappropriation? Sa légalisation est-elle la voie à suivre?

En portant la question de l'aide au suicide sur la place publique, Sue Rodriguez force le débat. La spécialiste en bioéthique Danielle Blondeau et la psychologue Janine Corbeil en analysent les tenants et les aboutissants en compagnie de l'animatrice Anne-Marie Dussault.

Il est impossible de parler du suicide assisté sans aborder les questions de l'euthanasie, de l'acharnement thérapeutique et de l'interruption de traitement.

Pour Danielle Blondeau, l'écart entre suicide assisté et euthanasie est mince. L'un comme l'autre engagent à des niveaux différents une tierce personne dans le processus de la mort d'autrui. Dans le cas du suicide assisté, le tiers procure les renseignements ou les moyens de donner la mort, tandis que dans le cas de l'euthanasie, il donne la mort.

Les médecins ont longtemps eu pour mandat de protéger la vie humaine coûte que coûte. Mais depuis l'avènement des soins palliatifs, l'acharnement thérapeutique fait place à une approche plus humaine, basée sur le contrôle de la douleur, la compassion envers la personne malade et le respect de ses volontés, dans les limites de la loi. C'est dans ce contexte qu'est apparue l'interruption de traitement.

En 1992, l'affaire Nancy B. a toutefois démontré que la nuance entre euthanasie et interruption de traitement peut prêter à interprétation, obligeant les tribunaux à clarifier la question.

L'euthanasie : solution de désespoir?

• Nancy B. était une jeune femme de 25 ans atteinte du syndrome de Guillain-Barré. Consciente du caractère irréversible de sa maladie et parfaitement saine d'esprit, elle demande en 1991 que le respirateur qui la maintient en vie depuis plus de deux ans soit débranché. Le personnel médical et l'administration de l'hôpital portent la cause devant le tribunal pour savoir si l'acte constitue un meurtre. La Cour supérieure du Québec statue que « nul ne peut être soumis à des soins sans son consentement » et accède à la demande de Nancy B.

• Dans les années 1960, Cicely Saunders fonde le premier centre de soins palliatifs au monde, le Saint Christopher's Hospice de Londres.

• Au Canada, les premiers programmes sont mis sur pied à Montréal et à Winnipeg dès 1975. L'hôpital Royal Victoria de Montréal crée alors une première unité hospitalière de soins palliatifs en milieu anglophone. En 1979, l'hôpital Notre-Dame de Montréal emboîte le pas en mettant sur pied la première unité francophone.

• Le Comité sénatorial spécial sur l'euthanasie et l'aide au suicide (1994-1995) distingue trois types d'euthanasie. L'euthanasie volontaire est effectuée en conformité avec les vœux d'une personne apte à consentir aux soins ou selon une directive préalable valide.

• L'euthanasie involontaire est réalisée à l'encontre de la volonté d'une personne « capable », au sens juridique du terme, ou d'une directive préalable valide.

• L'euthanasie non volontaire est effectuée sans que soit connue la volonté d'une personne capable ou d'une personne incapable.

L'euthanasie : solution de désespoir?

Média : Télévision

Émission : Aujourd'hui dimanche

Date de diffusion : 23 mai 1993

Invité(s) : Danielle Blondeau, Janine Corbeil

Ressource(s) : Anne-Marie Dussault

Durée : 12 min 40 s

Dernière modification :
3 septembre 2004


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