Aller au menu Plan du site
  • Taille normale
  • Taille moyenne
  • Grande taille

CBC Digital Archives

Accueil · Société · Criminalité et justice · Mutinerie au pénitencier

Mutinerie au pénitencier

Date de diffusion : 26 juillet 1982

Le soir du 25 juillet 1982 à l'institut Archambault de Sainte-Anne-des-Plaines, des prisonniers munis d'armes blanches de fabrication artisanale tentent une évasion massive au moment de réintégrer leur cellule. Les détenus assaillent des employés non armés et amorcent une prise d'otages. Des gardes réussissent toutefois à bloquer les sorties et l'accès à l'arsenal. L'incident dégénère alors en une émeute sanglante.

Finalement, après un peu plus d'une heure, les 150 à 200 prisonniers sont refoulés dans la cour extérieure par le groupe d'intervention tactique du pénitencier, puis fouillés et ramenés dans leur cellule.

Ce n'est qu'une fois l'ordre rétabli dans le pénitencier qu'on découvre l'horreur : deux détenus condamnés à la prison à perpétuité se sont suicidés en s'empoisonnant. Mais avant de mourir, ils déclenchent une mission vengeance d'une rare violence contre des gardiens. Deux gardes périssent sous l'assaut de multiples coups de couteaux et le troisième est retrouvé pendu. Une des victimes, Léandre Leblanc, âgé de 60 ans, en était à une heure de la retraite après 25 ans de service dans le système carcéral.

Des funérailles nationales sont organisées pour les trois gardiens tués au cours de la mutinerie. Trois enquêtes sont menées afin de déterminer les causes de la révolte. Depuis février 1978, date où le directeur de l'institut Archambault est assassiné devant son domicile, l'histoire du pénitencier est marquée par une répression et l'accumulation d'une tension sourde. La mutinerie semble révéler la nécessité d'une réforme du système canadien de justice pénale. Pour plusieurs, cette émeute illustre l'échec d'un système fondé sur la répression et la punition plutôt que sur la réhabilitation des prisonniers.

Les épisodes de violence collective sont généralement plus fréquents dans les établissements à sécurité maximale comme l'institut Archambault, où les règles de fonctionnement sont fondées sur un système de privilèges et le recours à la force. La crise débute lorsque les privilèges sont abolis par la direction et les gardiens. Le mécontentement et la tension grondent parmi les détenus jusqu'à ce que la révolte éclate

Mutinerie au pénitencier

• Au lendemain de l'émeute de 1982, l'Alliance de la fonction publique représentant les 8 000 employés des prisons fédérales demande que la peine de mort soit rétablie pour ceux qui commettent un meurtre prémédité.

• Le 9 juin 1983, un rapport d'Amnistie internationale signale : « il existe des motifs raisonnables de croire que des actes de torture et d'autres traitements ou châtiments cruels, inhumains ou dégradants aient pu être infligés au pénitencier Archambault à partir du 26 juillet 1982 ».

• Entre 1980 et 1985, onze suicides se produisent à l'institut Archambault, ce qui représente un taux de 2,6 fois supérieur au taux annuel moyen dans les pénitenciers canadiens. En 1997, un rapport établit que le taux de suicide en milieu carcéral est 7 fois plus élevé que dans la société.

• Inauguré en octobre 1969, le pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines est un immense édifice réparti en trois pavillons de 143 cellules. Il est l'un des dix pénitenciers à sécurité maximum du Canada. Un total de 344 employés y travaillent en 1983, dont 226 gardiens.

• L'institut Archambault opère huit ateliers industriels (ébénisterie, métal, assemblage, etc.). En 1976, une grève du travail des détenus éclate et durera quatre mois.

• En juin 1962, l'ancienne prison Saint-Vincent-de-Paul, devenue l'institut Laval, est le théâtre d'une émeute qui entraîne la mort de deux détenus. Des foyers d'incendie ravagent 400 cellules, causant des dégâts qui s'élèvent à 3 millions de dollars. L'armée est alors appelée à intervenir.

• En 1978, une tentative d'évasion meurtrière dans les murs de l'institut Laval coûte la vie à deux personnes.

• En 1975, une prise d'otages de trois jours à la prison de New Westminster en Colombie-Britannique entraîne la mort d'une femme.

Mutinerie au pénitencier

Média : Télévision

Émission : Téléjournal

Date de diffusion : 26 juillet 1982

Invité(s) : Luc Mantha

Ressource(s) : Jean Ducharme, Pierre Migneault

Durée : 2 min 38 s

Dernière modification :
9 juillet 2003


Fin de la liste
    etoile etoile etoile etoile etoile
  • Évaluez
  • Partagez ce clip
  • Citez ce clip




Découvrez aussi
L'anarchie frappe Montréal
Radio
12 min 06 s
7 octobre 1969
Le 7 octobre 1969, plus de 4 000 policiers de la ville de Montréal déclenchent une grève. L'atmosphère dégénère dans le centre de la ville.
Attentat au Parlement de Québec
Radio
2 min 21 s
8 mai 1984
Le 8 mai 1984, à 9 h 40, un homme habillé en soldat entre à l'Assemblée nationale et se met à tirer avec une mitraillette.