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La police complice du vice
Date de diffusion : 20 octobre 1968
Malgré une sévérité accrue contre le vice au tournant des années 1940, la corruption demeure parfois présente au sein de la police de Montréal. Certains policiers reçoivent des pots-de-vin en échange de quoi, ils ferment les yeux sur des activités illicites. Des empreintes digitales ne sont pas prises, des procédures sont négligées et certaines poursuites abandonnées.Une vingtaine d'années plus tard, un invité anonyme, qui a grandi dans une maison close, raconte comment se déroulaient les descentes policières dans les maisons de jeu et les clubs.
En août 1946, Pacifique Plante, un avocat de 39 ans, devient procureur à la Cour municipale de Montréal après avoir été greffier pour la Ville. Le directeur de police Fernand Dufresne lui confie la charge de l'escouade de la moralité, groupe de policiers qui lutte contre le vice organisé.
Pax Plante se rendra vite compte que même si des dizaines de maisons de jeu et de bordels fonctionnent illégalement à Montréal, les policiers ne font pas toujours leur devoir.
Pacifique Plante tente de faire changer les pratiques corrompues des policiers. Assisté par le lieutenant Armand Courval, il a l'intention de fermer la ville au vice. Afin que ses actions soient connues du public, il fait venir photographes et journalistes sur les lieux des descentes qu'il organise.
Mais son entreprise de justicier prend subitement fin. Pacifique Plante est démis de ses fonctions le 8 mars 1948 pour s'être porté à la défense de son assistant, congédié pour avoir tenté de couvrir trois agents vus avec des prostituées.
La police complice du vice
• En 1944, Camilien Houde, surnommé « Monsieur Montréal » est réélu maire de Montréal. Il avait été emprisonné de 1940 à 1944 pour son opposition au recrutement obligatoire par l'armée. Après son retour au pouvoir, Houde tolérait la présence du crime organisé, pourtant dénoncée par l'opinion publique.• Les salaires peu élevés des policiers de l'époque pourraient expliquer pourquoi ils acceptaient plus facilement les pots-de-vin.
• L'arrestation dont Plante était le plus fier est celle de Harry Ship, l'un des rois du jeu de Montréal à l'époque. Arrêté en septembre 1946, Ship recevra une peine de six mois de prison.
• Après ses années passées à l'escouade des mœurs de la police montréalaise, Pax Plante se vantera d'avoir fait disparaître le pari illégal de la ville.
• Armand Courval, l'assistant de Pax Plante, est réhabilité par l'administration municipale quinze ans après son accusation.
• L'enquête Cannon sur les comportements de la Sûreté du Québec affirme que, de 1940 à 1943, l'escouade des mœurs a effectué 1666 descentes et arrêté plus de 20 000 personnes dans les tripots et les maisons closes. Toutes ces opérations auraient rapporté à la province 759 000 $ sous forme d'amendes. Les chiffres ne dévoilent cependant pas le nombre d'arrestations injustifiées.
• De son côté, l'escouade de la moralité de la police de Montréal aurait effectué 1618 descentes dans les bordels de la ville.
La police complice du vice
Média : Radio
Émission : Ni ange, ni bête
Date de diffusion : 20 octobre 1968
Ressource(s) : Gilles Archambault
Durée : 2 min 44 s
Dernière modification :
1er juin 2006










La police complice du vice.
Les Archives de Radio-Canada.
Société Radio-Canada.
Dernière mise à jour : 1er juin 2006.
[Page consultée le 12 février 2012.]