Aller au menu Plan du site
  • Taille normale
  • Taille moyenne
  • Grande taille

CBC Digital Archives

Accueil · Sciences et technologies · Sciences appliquées · Peut-on croire le détecteur de mensonge?

Peut-on croire le détecteur de mensonge?

Date de diffusion : 18 juillet 1984

Le détecteur de mensonge, ou polygraphe, enregistre certaines réactions du corps d'une personne interrogée, qui pourraient révéler qu'elle ment. Or, la Cour suprême du Canada a jugé inadmissible la preuve par polygraphe en matière criminelle. Cependant, les policiers et les compagnies d'assurances peuvent utiliser le polygraphe pour mener leurs enquêtes.

En 1984, la journaliste Louise Chartrand interroge une spécialiste du détecteur de mensonge, l'avocate Céline Lacerte-Lamontagne, sur la fiabilité de cet appareil.

Lors de l'interrogatoire d'un sujet soumis à un détecteur de mensonge, différents capteurs enregistrent ses changements physiologiques. Des sangles abdominales mesurent s'il y a augmentation du rythme cardiaque, et un brassard capte la tension artérielle. Enfin, des électrodes attachées aux doigts permettent d'évaluer si les questions posées à la personne entraînent une sudation.

Mais en plus des résultats techniques, l'observation du comportement de la personne avant et après le test amène le polygraphiste à émettre sa perception de la véracité du témoignage.

Selon Céline Lacerte-Lamontagne le détecteur de mensonge n'est pas fiable à 100 %. L'avocate rappelle que les résultats dépendent grandement des compétences du polygraphiste, de sa formation, de son expérience et de ses connaissances en physiologie et en psychologie. Par exemple, le fait qu'un sujet soit anxieux, nerveux ou atteint de maladies cardiaques peut fausser l'issue du test.

Dans le passé, des détenus auraient réussi à tromper un détecteur de mensonge en appuyant le pied sur une punaise ou en se mordant la langue. Ils modifiaient ainsi leurs réactions à certaines questions.

Peut-on croire le détecteur de mensonge?

• Le détecteur de mensonge est utilisé pour la première fois dans les années 1920. Comme de nombreuses études contestent sa validité scientifique, des recherches se poursuivent dans plusieurs départements d'université afin d'améliorer son efficacité.

• Lors d'un interrogatoire de police, le langage corporel du suspect qui touche son menton, joue avec sa montre ou bien change de posture peut être révélateur d'un mensonge.

• En 1978, un jugement de la Cour suprême considère les résultats du détecteur de mensonge peu fiables, car dépendants de l'interprétation personnelle du polygraphiste. La même année, 32 polygraphistes travaillaient pour la Gendarmerie royale du Canada.

• Au Canada, le polygraphe est utilisé par des enquêteurs pour obtenir des suspects certaines déclarations lors d'interrogatoires. De même, les policiers soumettent les délateurs au détecteur de mensonge afin de mesurer leur bonne foi.

• En matière civile, les résultats des tests polygraphiques ont rarement été admis en preuve au Québec, car il faut démontrer la fiabilité de l'appareil.

• Dans une vingtaine d'États américains, les résultats d'un examen au détecteur de mensonge peuvent parfois servir de preuves en droit criminel. Plusieurs entreprises américaines demandent à leur personnel de passer le test du polygraphe. Une loi américaine interdit cette pratique comme condition à l'embauche, mais la permet en cas de soupçon de vol ou de risque pour la sécurité.

Peut-on croire le détecteur de mensonge?

Média : Radio

Émission : Il fait toujours beau quelque part

Date de diffusion : 18 juillet 1984

Invité(s) : Céline Lacerte-Lamontagne

Ressource(s) : Louise Chartrand

Durée : 14 min 21 s

Dernière modification :
5 novembre 2007


Fin de la liste
    etoile etoile etoile etoile etoile
  • Évaluez
  • Partagez ce clip
  • Citez ce clip




Découvrez aussi
Jouets éducatifs, violents ou sexistes
Radio
6 min 18 s
Comment choisir un jouet qui soit éducatif, qui ne reproduise pas de stéréotype sexiste et qui ne soit pas violent?
Réunifier la famille, un devoir moral
Radio
9 min 31 s
Doan Phan, une jeune réfugiée du Vietnam immigrée au Québec, tente de faire venir sa famille au Canada.