Accueil · Santé · Santé publique · Les Québécoises, championnes fumeuses
Vous devez ouvrir une session pour commenter ce clip.
Aucun commentaire enregistré
Les Québécoises, championnes fumeuses
Date de diffusion : 31 mai 1996
Les données publiées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1996 révèlent que les Québécoises sont les femmes qui fument le plus au monde, devant les Danoises et les Norvégiennes. Ainsi, 40 % de la gent féminine, presque une femme sur deux, a contracté cette « mauvaise habitude » dans la province, précise la journaliste Martine Biron dans ce reportage à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac.Cette situation inquiète la communauté médicale, qui n'hésite pas à parler de « catastrophe sanitaire annoncée ». En effet, les décès liés au tabac sont à la hausse chez les femmes : entre 1985 et 1996, le taux a connu une progression fulgurante de 77 %. En 1993, le cancer du poumon dépasse même le cancer du sein comme cause première de décès par cancer chez les femmes canadiennes. Depuis 1970, le nombre de décès dus au cancer du poumon n'a cessé de progresser chez les Canadiennes, passant de 8,4 à 35,8 cas par année, par groupe de 100 000 femmes.
Les spécialistes estiment que le fardeau des pathologies liées au tabac est encore plus lourd pour les femmes que pour les hommes. Les fumeuses qui prennent des contraceptifs oraux, par exemple, courent davantage de risques d'accidents cardiovasculaires, de phlébites et de thromboses. Le tabac peut également perturber les cycles hormonaux, entraîner une baisse de la fertilité, avancer l'âge de la ménopause et abîmer la peau.
Quant aux femmes enceintes, c'est bien connu, elles fument pour deux. Chaque fois qu'une femme enceinte allume une cigarette, la nicotine franchit la barrière du placenta et augmente les battements de cœur du bébé, qui passent de 140 à 180 battements à la minute. Outre les risques accrus de naissance prématurée, les fumeuses mettent au monde des enfants de plus petit poids. Pour les médecins, le fait que les femmes soient plus nombreuses à fumer est un échec retentissant des politiques de santé publique et un défi pour le futur.
Les Québécoises, championnes fumeuses
• Selon une étude de Statistique Canada parue en 2000, la proportion des fumeuses chez les adolescentes a augmenté de 30 % ces dernières années, contre 17 % chez les jeunes garçons. Ainsi, 23 % des jeunes filles et 21 % des adolescents fument. Ces chiffres confirment les sombres prévisions quant à l'augmentation de la morbidité au sein de la population féminine.• Dans les années 1920, les femmes qui fument en public sont perçues comme des femmes de « mœurs légères ». L'industrie du tabac tente alors de briser le tabou en élaborant des publicités qui associent le geste de fumer à un signe d'émancipation. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les cigarettes, associées à un symbole de liberté, se répandent chez les femmes européennes. Les cigarettes sont nommées « flambeaux de la liberté ».
• Après la Grande Guerre, les cigarettiers se lancent à la conquête du marché féminin. La marque Lucky Strike s'adresse directement aux femmes en faisant valoir les avantages du tabac sur les sucreries pour garder une fine silhouette « Prenez une Lucky plutôt qu'une friandise », suggère une campagne publicitaire de Lucky Strike en 1925.
Les Québécoises, championnes fumeuses
Média : Télévision
Émission : Montréal ce soir
Date de diffusion : 31 mai 1996
Invité(s) : Marcel Boulanger, Christine Colin
Ressource(s) : Martine Biron, Suzanne Laberge
Durée : 2 min 24 s
Dernière modification :
13 septembre 2005










Les Québécoises, championnes fumeuses.
Les Archives de Radio-Canada.
Société Radio-Canada.
Dernière mise à jour : 13 septembre 2005.
[Page consultée le 18 mai 2013.]