Aller au menu Plan du site
  • Taille normale
  • Taille moyenne
  • Grande taille

CBC Digital Archives

Accueil · Santé · Santé publique · Le Grand Prix menacé

Le Grand Prix menacé

Date de diffusion : 13 août 2003

En 2003, la tenue du Grand Prix de formule 1 à Montréal est menacée en raison de l'entrée en vigueur de la loi interdisant aux cigarettiers tout parrainage d'événements. La formule 1 réussira-t-elle à se passer des commandites du tabac? La question est soulevée par le journaliste Michel Pepin qui s'entretient avec Normand Turgeon, professeur de gestion stratégique et de marketing aux HEC.

La commandite des courses automobiles offre une visibilité des marques de cigarettes à la télévision. Pour les fabricants du tabac, il s'agit d'une véritable manne leur permettant en quelque sorte de contourner les lois nationales qui proscrivent les publicités télévisées.

En 1989, une loi fédérale interdit les commandites du tabac, à l'exception des contrats déjà signés. Deux ans plus tard, Ottawa adopte une nouvelle loi qui impose en principe des restrictions sévères aux commandites. Toutefois, face à la pression des milieux artistiques et sportifs, le fédéral retarde l'application de ces restrictions à octobre 2000.

En 2003, après cinq ans de sursis aux organisateurs d'événements commandités, les lois fédérale et provinciale interdisent formellement toutes promotions liant une marque de cigarettes à une activité sociale, culturelle ou sportive.

En novembre 2003, Ottawa et Québec annoncent qu'ils injecteront 12 millions de dollars dans la survie du Grand Prix, afin de contrebalancer la perte des revenus des commandites du tabac. Une entente est conclue avec le grand patron de la formule 1, Bernie Ecclestone, qui assure la tenue de l'événement jusqu'en 2006.

En juin 2004 se déroule donc le premier Grand Prix canadien sans tabac. Plusieurs circuits européens tendent également à bannir les logos de cigarettes. La formule 1 s'affranchit des commandites du tabac, qui sont graduellement remplacées par des marques de boissons (Red Bull), des sociétés pétrolières ou d'électronique.

Le Grand Prix menacé

• Interdits de publicité à la fin des années 1980, les cigarettiers réagissent en multipliant les commandites. Ainsi, en 1991, l'investissement total des trois principaux fabricants de cigarettes dans la commandite d'événements se chiffre à 40 millions de dollars. En 1995, il représentait 60 millions.

• En 1998, au lendemain de l'adoption de la Loi sur le tabac, le Grand Prix Player's du Canada devient le Grand Prix Air Canada. Le transporteur aérien devient le commanditaire principal pour remplacer Imperial Tobacco.

• En 2004, lors du premier Grand Prix du Canada sans tabac, l'écurie Jordan nargue les lois en tronquant le nom Benson & Hedges, laissant les mots Be on edge (« Vis sur la ligne », en anglais). La marque de cigarettes demeurait aisément reconnaissable, ce qui a entraîné plusieurs plaintes.

• Des compagnies de tabac commanditent des exploits sportifs qui marquent l'imaginaire collectif. En 1903, un cascadeur déguisé en paquet de Red Cross, une marque de tabac de l'époque, traverse les chutes Montmorency sur une corde raide, sous le regard de 30 000 spectateurs.

• Le paquet reproduisait le symbole international de la Croix-Rouge, c'est-à-dire une croix rouge sur fond blanc. Il s'agissait alors de l'une des marques les plus annoncées au Canada.

Le Grand Prix menacé

Média : Radio

Émission : Sans frontières

Date de diffusion : 13 août 2003

Invité(s) : Normand Legault, Normand Turgeon

Ressource(s) : Michel Pépin

Durée : 7 min 21 s

Dernière modification :
30 novembre 2009


Fin de la liste
    etoile etoile etoile etoile etoile
  • Évaluez
  • Partagez ce clip
  • Citez ce clip




Découvrez aussi
Débat fumant à Ottawa
Télévision
2 min 50 s
Ottawa adopte une loi qui interdit la publicité sur le tabac dans les journaux et les magazines.
La culture du tabac, une tradition qui s'éteint
Télévision
9 min 37 s
Cultivé depuis des millénaires au pays, le tabac, devenu produit indésirable, disparaît des champs.