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L'ère des sanatoriums

Date de diffusion : 12 décembre 1967

En Ontario, une loi oblige tous les tuberculeux contagieux à se faire hospitaliser. Aucune législation de ce genre n'existe au Québec : il en résulte qu'en 1967, 40 % des 5000 tuberculeux refusent d'être hospitalisés, ce que déplore le docteur Philippe Landry dans cet entretien. Ce refus est grandement attribuable à la politique sociale du gouvernement québécois qui interrompt les versements d'allocations sociales à la famille lorsque le malade est hospitalisé.

Jusqu'au début des années 1940, le sanatorium s'avère le seul moyen de contrer la tuberculose, du moins d'en limiter la propagation en isolant les malades.

Le premier sanatorium canadien a ouvert ses portes à Muskoka en Ontario, en 1897. Au Québec, le premier sanatorium est celui de Sainte-Agathe-des-Monts dans les Laurentides inauguré en 1908. La crise économique retarde la construction des sanatoriums au moment où la tuberculose se répand dans les logements insalubres et surpeuplés. Plusieurs sanatoriums sont construits après la Seconde Guerre, alors que la découverte des antibiotiques amène une nouvelle façon plus efficace de traiter les tuberculeux.

Souvent situés dans des sites enchanteurs, les sanatoriums offrent un traitement fondé sur la cure d'air. Soleil, air pur, repos sont au cœur de la thérapeutique. Les médecins sont alors convaincus que l'action purificatrice et fortifiante de l'air, en particulier l'air de la montagne, est gage de guérison. Aux yeux du public, toutefois, le traitement en sanatorium demeure longtemps considéré comme un exil dont on ne revient pas.

L'ère des sanatoriums

• En 1856, le docteur Hermann Brehmer fonde en Haute Silésie le premier sanatorium. Le traitement comporte l'aération continue, un régime alimentaire abondant et un programme de repos, d'exercice physique, de promenade et d'hydrothérapie. De nombreux sanatoriums célèbres d'Europe sont par la suite construits dans les Alpes suisses.

• En 1938, le Canada compte 61 sanatoriums pour un total de près de 9 000 lits. L'année 1953 marque un sommet avec 101 sanatoriums, soit 19 000 lits pour les tuberculeux. La durée du séjour est variable : certains patients demeurent au sanatorium de trois à cinq années, mais la durée moyenne varie de cinq à sept mois. Les derniers sanatoriums au pays ferment leurs portes dans les années 1970.

• Dès 1915, des écoles de plein air et des camps de vacances, comme la colonie Les Grèves et le camp de santé Bruchési, sont créés afin d'éloigner les enfants de familles tuberculeuses et de les placer dans des conditions permettant de fortifier leur organisme. Des règles d'hygiène strictes sont inculquées aux enfants. En 1950, jusqu'à 660 enfants sont accueillis au camp Bruchési pendant deux mois.

• Première cause de décès par maladie infectieuse, la tuberculose fut à l'origine d'au moins 33 000 décès au Québec entre 1896 et 1906. La Belle Province compte parmi les taux les plus élevés au pays. En 1949, sur 4382 morts par tuberculose, 1897 ou 43 % viennent du Québec, comparativement à 686 ou 16 % en Ontario. Parmi les neuf provinces canadiennes avant 1949, le Québec compte le taux de décès le plus élevé, suivi par les Maritimes et la Colombie-Britannique.

L'ère des sanatoriums

Média : Radio

Émission : Présent 1re édition nationale

Date de diffusion : 12 décembre 1967

Invité(s) : Philippe Landry

Ressource(s) : Henri Bergeron, Nicole Godin

Durée : 5 min 03 s

Dernière modification :
31 août 2004


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