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La peur du sida

Date de diffusion : 24 juillet 1983

Dans les premières années du sida, une sorte de « psychose » se répand plus vite que l'infection. La méconnaissance des causes de la maladie et de tous ses modes de transmission rend les préjugés plus tenaces. Plusieurs personnes vont jusqu'à avoir peur que le sida se transmette par l'air ou par l'eau. Vues comme des dangers publics, les personnes atteintes doivent se cacher pour ne pas semer la panique autour d'elles. L'animateur Fernand Seguin tente d'atténuer la gravité du sida en réaction à la peur croissante dans la population.

Le manque de campagnes d'information et de prévention a longtemps permis aux tabous liés au sida de subsister. La crainte de la maladie et des sidéens est demeurée très présente dans la population, vu l'absence de remèdes ou de vaccins contre le sida et parce que cette maladie est mortelle.

Les médias ont contribué à entretenir la peur du sida, en parlant des dangers de la maladie et des risques d'épidémies. Paradoxalement, cette peur encouragea le financement de la prévention et de la recherche sur le sida.

Aux États-Unis, en septembre 1985, des parents refusent d'envoyer leurs enfants dans des écoles où se trouvent des enfants atteints du sida. Les parents souhaitent que ces enfants fréquentent une autre école que celle de leurs petits. La croyance que le sida est une maladie contagieuse est encore répandue aux États-Unis à cette époque.

Cette année-là, le sida est appelée « the gay plague » par certains journaux américains, littéralement « la peste gaie ». Ce nom a été donné à la maladie car 75 % des cas aux États-Unis touchaient la population homosexuelle.

La peur du sida

• À Montréal, en 1985, des parents se seraient vu refuser le droit de savoir si le corps de leur fille morte du sida se trouvait dans le cercueil au moment de funérailles. Une intervention du coroner aurait été nécessaire pour ouvrir le cercueil car la maison funéraire s'y refusait. Avant d'ouvrir le cercueil, des gants et des masques auraient été fournis aux gens présents alors qu'il était connu que la maladie n'était pas contagieuse. Le corps de la défunte n'aurait pas été nettoyé, on ne lui aurait pas mis de vêtements de peur d'être contaminé.

• En septembre 1985, la Commission des écoles protestantes du Grand Montréal demande le certificat médical d'un enfant possiblement atteint de la maladie. La commission scolaire demande alors au gouvernement de donner aux écoles des consignes claires à suivre en cas de présence de sida dans les écoles.

• En 1986, des gardiens de pénitenciers fédéraux craignent le contact avec des prisonniers atteints du sida. Ils demandent des vêtements à l'épreuve des morsures.

• Craignant d'être contaminés, des employés de la Poste canadienne refusent en 1987 de manipuler des colis qui contenaient des prélèvements de sang.

• Aujourd'hui, le sida fait encore peur même si on peut désormais ralentir sa progression avec la trithérapie, un traitement contre le sida qui utilise trois antiviraux. Cette peur est peut-être justifiée car au Québec, en 2002, de 20 à 25 000 personnes ignorent leur séropositivité.

• En 2002, plus de 28 millions de porteurs du virus du sida sont présents en Afrique et 40 millions dans le monde. Chaque jour, 8500 personnes meurent du sida.

La peur du sida

Média : Radio

Émission : Aujourd'hui la science

Date de diffusion : 24 juillet 1983

Ressource(s) : Jean-Marc Carpentier, Fernand Seguin

Durée : 5 min 58 s

Dernière modification :
29 février 2008


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