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Russie, alerte rouge

Date de diffusion : 2 octobre 2002

En Russie, le sida apparaît plus tardivement qu'en Europe occidentale, en Amérique ou en Afrique. Toutefois, les taux d'infection sont alarmants. En 2001, plus de 90 % des séropositifs en Russie sont des toxicomanes contaminés par l'injection de drogues. Toutefois, cette tendance est en train de changer. Ainsi, en 2005, 33 % des nouvelles contaminations étaient dues à des rapports hétérosexuels. Selon les chiffres officiels, le pays compte 340 000 séropositifs, mais ces chiffres pourraient être en réalité trois fois plus élevés, selon des experts.

Le microbiologiste Jean Robert rentre d'un séjour à Moscou et résume la situation à l'animateur de Sans frontières.

Après des années de silence et d'inertie, le gouvernement russe déclare la guerre au sida. En 2005, la lutte contre l'épidémie est présentée comme la « priorité nationale de la Russie », et le gouvernement promet d'y consacrer 107 millions de dollars (3,1 milliards de roubles) en 2006. En dépit des sommes investies, le sida demeure tabou en Russie. Les séropositifs sont souvent condamnés au chômage. La maladie fait peur aux employeurs, mais aussi aux médecins. Dans certaines régions, les médecins sont mal informés et refusent de traiter les personnes atteintes du VIH, craignant d'être contaminés.

Russie, alerte rouge

• L'organisme Humanitarian Action aide les personnes rejetées par le gouvernement, soit les utilisateurs de drogues, les prostituées. Cet organisme est né d'un programme de Médecins du monde, un organisme français qui a établi en 1995 les premiers programmes de prévention du sida en Russie. L'association intervient auprès des travailleurs du sexe et des héroïnomanes en favorisant par exemple l'échange de seringues et l'utilisation des préservatifs.

• En Russie, la méthadone, utilisée pour le traitement médical des héroïnomanes, est illégale. Les lois en matière de drogue y sont extrêmement répressives. La réponse au sida en Russie a d'abord été policière, avec pour résultat des prisons bondées qui sont devenues de véritables incubateurs de maladies.

• Après l'implosion de l'Union soviétique, en 1991, la toxicomanie connaît une progression fulgurante. Le pays se trouve sur la route de l'héroïne venue d'Afghanistan, via le Tadjikistan. Une dose d'héroïne se vend en moyenne 200 roubles seulement (7 dollars).

• En dépit des promesses du gouvernement russe de faire baisser le coût du traitement antiviral, qui permet de ralentir le développement de la maladie, ces médicaments ne sont toujours pas accessibles aux quelque 50 000 séropositifs qui ont besoin de ce traitement dont le coût oscille entre 5500 $ et 15 000 $ par an.

Russie, alerte rouge

Média : Radio

Émission : Sans frontières

Date de diffusion : 2 octobre 2002

Invité(s) : Jean Robert

Ressource(s) : Michel Désautels

Durée : 6 min 38 s

Dernière modification :
11 mars 2008


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