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L'Ouganda ravagé par un fléau invisible

Date de diffusion : 9 février 1997

Dans les années 1970, le sida fait ses premières victimes sur les rives du lac Victoria, près de la frontière entre l'Ouganda et la Tanzanie. Le premier diagnostic officiel a lieu en 1984 en Ouganda. Le pays sort alors de 15 ans de guerre civile. Pourtant, il n'est pas au bout de ses peines et devra affronter un ennemi invisible mais foudroyant, contre lequel il ne détient aucune arme : le virus du sida.

Plusieurs villages ougandais sont dépeuplés. La maladie décime les forces vives de la population. Ainsi, dans le village de Kyotera que visite le journaliste Alain Borgognon en 1997, les trois quarts des habitants de 20 à 60 ans sont morts. Ce reportage intitulé La Route des virus retrace les débuts du sida sur le continent africain.

Lorsque le sida apparaît en Afrique, plusieurs chefs d'État réagissent en tentant de nier les faits et en cachant la réalité à la population. Ainsi, en 1987, au Kenya, il était interdit à tout médecin ou chercheur travaillant sur le sida de rencontrer des journalistes ou de divulguer des informations sur l'ampleur du problème.

Pourtant, le gouvernement ougandais a décidé de s'attaquer de front à la maladie. Dès 1986, au moment de son arrivée au pouvoir, le président Yoweri Museveni reconnaît la gravité du problème. Son gouvernement met sur pied le Programme national de lutte antisida. La détermination des autorités politiques, l'attitude de transparence à l'égard de l'épidémie, l'organisation de campagnes de prévention permettent de faire reculer l'épidémie.

Dans les pays africains, l'expansion du sida s'effectue en grande partie par la voie hétérosexuelle et par le biais de l'usage médical des seringues qui sont réutilisées et insuffisamment désinfectées.

Fragilisés par les guerres, les dictatures sanguinaires comme celle d'Idi Amin Dada en Ouganda, entraînant des déplacements de population, de nombreux pays d'Afrique sont extrêmement vulnérables face au fléau. La ruée vers les villes qui deviennent surpeuplées, la fréquentation par les travailleurs migrants de prostituées dont les taux d'infection sont épidémiques constituent d'autres facteurs qui contribuent à la flambée du sida en Afrique.

L'Ouganda ravagé par un fléau invisible

• En 1982, dix-sept personnes vivant dans le village de Kasensero, en Ouganda, sont victimes de troubles intestinaux et meurent rapidement d'une maladie inconnue. Ces derniers étant des contrebandiers, le virus est d'abord appelé « maladie des voleurs ». Lorsque le fléau s'étend aux femmes et à des victimes innocentes comme les enfants, les Ougandais le nomment alors slim (« maigre », en anglais).

• Des campagnes intensives d'information sont menées en Ouganda dans le cadre du programme de lutte contre le sida à la fin des années 1980. À la télévision, à la radio et dans la presse, des messages informent la population des dangers du sida et incitent à l'abstinence sexuelle, à la fidélité et à l'utilisation du préservatif. Des panneaux éducatifs sont posés dans tout le pays.

• En 1997, environ 14 millions de préservatifs ont été distribués dans ce pays de 19 millions d'habitants. En 2000, ce chiffre atteint 80 millions de préservatifs.

• Grâce aux programmes d'éducation et de prévention, le taux de contamination au pays diminue. En 1993, à Kampala, capitale de l'Ouganda, le tiers de la population est infectée. Dix ans plus tard, les taux de contamination ont chuté à moins de 10 %.

L'Ouganda ravagé par un fléau invisible

Média : Télévision

Émission : Dossier

Date de diffusion : 9 février 1997

Invité(s) : Marc Gentillini, Ferdinand Katongole, Badou Matoun, Robert Mayanja, Luc Montagnier, Ismail Mulema Nkuba, Rosette Namatovu, Tumwikirize Simpson, Edita Wangi, Laurian Wangi

Ressource(s) : Alain Borgognon

Durée : 14 min 34 s

Dernière modification :
12 mars 2008


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