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Référendum 1995 : le Québec face à son destin
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Référendum 1995 : le choix d'un pays
Date de diffusion : 30 octobre 1995
Pour une deuxième fois en 15 ans, les Québécois sont appelés à se prononcer sur la souveraineté du Québec. Le 30 octobre 1995 voit une participation record de 93,52 %, avec plus de cinq millions de votants. Dans les chaumières ou dans les rassemblements organisés, un mélange de tension et d'excitation gagne la population le soir du référendum.Voici un montage de deux heures, sur un total de six heures de couverture, des meilleurs moments du référendum. Revivez l'essentiel de cette soirée mémorable en compagnie de Bernard Derome et Jean-François Lépine.
Les premiers résultats arrivent de régions favorables à la souveraineté, comme la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord , le Saguenay, le Lac-Saint-Jean et Charlevoix. Le oui prend ainsi de l'avance dans les premières heures. Dans la région de Québec, le oui l'emporte par une faible marge, probablement trop petite pour donner une avance confortable aux souverainistes.
Au fur et à mesure que la soirée progresse, le non rattrape le terrain perdu. Les régions de Montréal, de l'Estrie et de l'Outaouais font pencher la balance. À 22 h 20, heure de l'est, Bernard Derome rend le verdict.
« Radio-Canada prévoit, si la tendance se maintient, que l'option du non remportera ce référendum. » Selon le résultat final, les Québécois votent non à 50,6 % et choisissent de demeurer dans la Confédération canadienne, alors que le oui obtient 49,4 % des voix.
La joie dans le camp du non est aussi profonde que la déception dans celui du oui. Le sentiment de défaite, Jacques Parizeau le galvanise dans son discours : « C'est vrai qu'on a été battu, mais au fond, par quoi? Par l'argent et les votes ethniques! » Une déclaration fâcheuse et malhabile de la part d'un chef d'État, mais que plusieurs estiment juste et franche. Le lendemain, Jacques Parizeau remet sa démission comme premier ministre.
Référendum 1995 : le choix d'un pays
• Le non remporte le référendum par seulement 54 288 voix.• À la fin janvier 1996, Lucien Bouchard remplace Jacques Parizeau et devient le quatrième chef du Parti québécois. Son bulletin de candidature, déposé un mois plus tôt, comptait la signature de 10 000 membres des 125 circonscriptions du Québec. Michel Gauthier prend le relais de Lucien Bouchard à la tête du Bloc québécois à Ottawa.
• En septembre 1997, les premiers ministres des provinces se donnent rendez-vous à Calgary et rouvrent le dossier constitutionnel dans le but de réintégrer le Québec dans la Constitution. La déclaration de Calgary reconnaît non pas la notion de société distincte, mais le « caractère unique » du Québec. Elle confirme aussi l'égalité des provinces. Peu crédible aux yeux des Québécois, le projet sera finalement abandonné.
• Un jugement de la Cour suprême du Canada en août 1998 reconnaît la légitimité d'une sécession démocratique du Québec et l'obligation du gouvernement fédéral de négocier cette sécession.
• En mars 2000, la Chambre des communes adopte la Loi sur la clarté référendaire, dont l'objectif est de restreindre le droit à l'autodétermination du Québec. Le gouvernement du Québec réplique avec la Loi sur l'exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l'État du Québec.
• La courte victoire du non incite le gouvernement de Jean Chrétien à instaurer le programme des commandites pour accroître la visibilité canadienne au Québec. Mais ce programme fait l'objet de nombreuses irrégularités, comme le souligne la vérificatrice générale du Canada Sheila Fraser dans son rapport de février 2004. Le juge John Gomery, qui dirige la commission chargée de faire la lumière sur ce scandale, doit remettre son rapport à la fin de 2005.
• Selon l'ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis et neveu de Jean Chrétien, Raymond Chrétien, Ottawa n'avait pas de plan B dans l'éventualité d'une victoire du oui. « Qu'est-ce que je dis au président Clinton si le Canada perd? Quel est notre message? Le verdict, on l'accepte? on le refuse? À quelles conditions? », se demande Raymond Chrétien dans le documentaire Point de rupture, diffusé les 7 et 8 septembre 2005 à la télévision de Radio-Canada.
Référendum 1995 : le choix d'un pays
Média : Télévision
Émission : Référendum 1995
Date de diffusion : 30 octobre 1995
Invité(s) : Michel Bélanger, Lucien Bouchard, Michel Bourdon, Jean Charest, Jean Chrétien, Christian Dufour, Liza Frulla, Claude-Éric Gagné, Jean-Herman Guay, Stephen Harper, Marie Laberge, Gilles Lesage, Preston Manning, Frank McKenna, Richard Nadeau, Jacques Parizeau, Lucienne Robillard, Roy Romanow, Claude Ryan, Richard Séguin, Jeffrey Simpson, Charles Taylor, Clyde Wells
Ressource(s) : Martine Biron, Denise Bombardier, Bernard Derome, Raymond Saint-Pierre, Daniel Lessard, Gilles Morin, Patrice Roy, Christine Saint-Pierre, Jean-François Lépine, Marie-Christine Trottier
Durée : 1 h 59 min 54 s
Dernière modification :
30 octobre 2008
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Référendum 1995 : le choix d'un pays.
Les Archives de Radio-Canada.
Société Radio-Canada.
Dernière mise à jour : 30 octobre 2008.
[Page consultée le 26 mai 2012.]