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Pays au bord de la crise de nerfs

Date de diffusion : 29 octobre 1995

La veille du vote, la ferveur et l'enthousiasme sont à leur paroxysme du côté du oui. La victoire semble plus que jamais à portée de main. Un oui représente la « vraie sécurité », affirme Jacques Parizeau, qui termine la campagne en compagnie de Lucien Bouchard et de Mario Dumont dans la circonscription de Taillon, à Longueuil.

Le choix de Taillon, fief électoral de René Lévesque pendant neuf ans, pour clore la campagne est tout à fait symbolique. D'ailleurs, Jacques Parizeau a lancé un dernier appel aux indécis en invoquant la mémoire de René Lévesque, comme le souligne le journaliste Gilles Morin.

Les dernières manifestations d'amour, à Montréal le 27 octobre et à Hull le 29, ont redonné de l'élan à l'option du non. Les troupes fédéralistes ont repris de la vigueur depuis que les ministres fédéraux ont mis la main à la pâte, une semaine avant le vote. C'est d'ailleurs le ministre des Pêches Brian Tobin qui a suggéré à ses collègues de se mobiliser pour favoriser la participation des Canadiens au grand rassemblement à Montréal.

Mais à quelques heures du vote, ce qui importe le plus pour les deux camps, c'est de convaincre les indécis, car ils peuvent faire pencher la balance d'un côté comme de l'autre.

En fin de parcours, Jean Chrétien demeure évasif quant à une victoire serrée du oui. Le premier ministre refuse de s'engager sur la validité du résultat du référendum si le non perd de justesse. Par contre, il n'hésitera pas à reconnaître une victoire du non à 51 % ou 52 % des suffrages. Le premier ministre laisse planer le doute en cas de victoire des souverainistes, car il considère entre autres la question référendaire comme trop confuse.

Pays au bord de la crise de nerfs

• Selon Mario Cardinal, ancien journaliste de Radio-Canada et auteur du livre Point de rupture (publié en septembre 2005), le ministre de la Défense, David Collenette, était prêt à envoyer l'armée au Québec dans l'éventualité d'une victoire du oui. Le gouvernement fédéral aurait justifié cette intervention par l'illégalité du rapatriement des points d'impôts par le Québec.

• Dès le 26 octobre, l'armée de l'air canadienne déplace une partie de sa flotte d'avions de combat CF-18 de la base de Bagotville vers des bases américaines, notamment en Virginie et en Caroline du Nord.

• Le 26 octobre, Jaques Parizeau dit vouloir conserver 25 % de l'équipement militaire canadien dans le cadre de négociations avec le Canada. Le premier ministre du Québec déclare que la base de Bagotville, une installation stratégique pour le Québec, restera ouverte après une déclaration de souveraineté. « Sa vocation sera différente », affirme-t-il.

• Le 22 octobre, une dizaine de ministres fédéraux anglophones se donnent rendez-vous dans un restaurent de Hull. Pour la première fois, ils doivent envisager une idée impensable jusqu'à ce jour : l'avenir du Canada sans le Québec. Les ministres présents concluent, dans l'éventualité d'une victoire du oui, à l'impossibilité pour les ministres québécois au sein du cabinet de négocier la séparation au nom du Canada.

• Selon un sondage SOM du 27 octobre, 31 % des Québécois estiment avoir été influencés par Lucien Bouchard. « L'effet Bouchard » a rejoint 56 % des partisans du oui, tandis que Jacques Parizeau et Mario Dumont ont eu une influence respectivement sur 17 % et 5 % des « ouistes ».

• Du côté du non, Daniel Johnson aurait été le plus influent avec 21 %, suivi de Jean Chrétien et de Jean Charest à égalité avec 13 %.

Pays au bord de la crise de nerfs

Média : Télévision

Émission : Référendum 1995

Date de diffusion : 29 octobre 1995

Invité(s) : Lucien Bouchard, Jean Chrétien, Jacques Parizeau, Gilles Vigneault

Ressource(s) : Bernard Derome, Christine Saint-Pierre, Jean-François Lépine

Durée : 35 min 43 s

Dernière modification :
17 novembre 2009


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