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À la tête du Conseil du Trésor

Date de diffusion : 14 octobre 1974

Après son séjour au ministère des Affaires indiennes, Jean Chrétien renoue avec son premier amour, l'économie. En août 1974, Trudeau le nomme président du Conseil du Trésor. Lui qui, depuis ses débuts en politique fédérale, milite pour une place plus active des francophones au sein du gouvernement fédéral, le voilà servi. C'est en effet la première fois qu'un Canadien français occupe une telle fonction et il n'en est pas peu fier. Comme lui lance Lise Payette à la blague : « Vous êtes un gars à connaître! ».

Chômage, inflation, crise du pétrole, la situation économique est difficile. Chrétien décentralise la fonction publique, refuse les projets trop coûteux, n'hésite pas à sabrer dans les dépenses du gouvernement, toujours croissantes. Le Financial Post ne tarde pas à le surnommer Doctor No. John Turner, ministre des Finances, veut réduire le déficit de 500 millions? Chrétien tranche, ce sera un milliard. Au terme de son mandat de deux ans, le taux de croissance annuelle des dépenses passe de 26 % à 10 %. Et le « p'tit gars de Shawinigan » a séduit le Canada anglais.

Le bref séjour de Chrétien à l'Industrie et au Commerce accroît sa popularité. Sa nomination au ministère des Finances en septembre 1977 est donc fort bien accueillie. Mais la lune de miel tire à sa fin.

Chrétien tente d'implanter des mesures pour redresser l'économie, qui ne va guère mieux, mais connaît un succès mitigé. Son passé d'autodidacte lui porte ombrage. Les critiques se font sévères. En août 1978, sans prévenir, Trudeau prononce à la télévision un budget de son cru. Chrétien encaisse le coup, mais la trahison est inattendue et douloureuse.

À la tête du Conseil du Trésor

• Alors qu'il est au Conseil du Trésor, Jean Chrétien choisit de donner l'exemple. L'aménagement de son bureau ne coûte que 2000 $, alors que celui de certains de ses collègues peut monter jusqu'à 50 000 $.

• De septembre 1976 à septembre 1977, Chrétien est ministre de l'Industrie et du Commerce. Il relance Canadair, qui produit l'avion de type Challenger, et De Havilland. Il cherche à protéger la fragile industrie du vêtement en freinant les importations et conquiert l'estime des milieux d'affaires, hostiles à Trudeau, et des syndicats.

• Intuitif, Pearson avait dit à Chrétien en le nommant secrétaire de Mitchell Sharp en 1966 : « Tu vas acquérir un bagage en économie et en finances publiques et éventuellement [...] tu seras le premier Canadien français à devenir ministre des Finances ». Mort en 1972, il ne sera pas témoin de l'exploit de son jeune poulain.

• Titre d'un film de James Bond paru en 1962, Doctor No est aussi l'un des redoutables adversaires du célèbre agent secret.

• Plusieurs raisons poussent Trudeau à nommer Chrétien ministre des Finances. Très populaire, il est aussi l'un des politiciens les plus aguerris du cabinet Trudeau et ce dernier a besoin d'un francophone pour contrer les arguments des séparatistes et vendre aux Québécois les mérites d'un Canada uni.

• En mai 1979, l'électorat canadien est divisé. Insatisfait des performances du gouvernement Trudeau, fatigué de la personnalité du premier ministre, il porte au pouvoir un gouvernement conservateur minoritaire dirigé par Joe Clark, qui ne fait pas long feu. En février 1980, Trudeau est reporté au pouvoir.

• En novembre 1976, le Parti québécois défait le gouvernement de Bourassa avec une écrasante majorité. Bourassa démissionne et le parti libéral du Québec se cherche un nouveau chef capable de tenir tête à René Lévesque. Jean Chrétien et Claude Ryan, alors directeur du quotidien Le Devoir, sont pressentis. Chrétien manifeste un certain intérêt mais, bientôt nommé aux Finances, renonce à faire le saut en politique provinciale. Un deuxième refus, de la part de cet homme qui avait déjà été approché par le gouvernement de Jean Lesage.

À la tête du Conseil du Trésor

Média : Télévision

Émission : Appelez-moi Lise

Date de diffusion : 14 octobre 1974

Invité(s) : Jean Chrétien

Ressource(s) : Jacques Fauteux, Lise Payette

Durée : 12 min 58 s

Audio d'une émission de télévision

Dernière modification :
29 mai 2006


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