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« La Madonna du Canada »

Date de diffusion : 26 février 1993

En novembre 1992, une photographie de la ministre de la Justice cause un émoi sur la colline du Parlement. Publiée dans un livre de portraits de Canadiennes célèbres, la photo présente Kim Campbell, les épaules dénudées, tenant devant elle sa toge sur un cintre. La députée néo-démocrate Lynn Hunter qualifie alors Kim Campbell de « Madonna de la politique canadienne ». Par la suite, la photographie fait le tour du monde et se retrouve à la une de tabloïds londoniens tels le Daily Mail et le Daily Express.

En direct de Londres, Jacques Bissonnet commente l'engouement de la presse britannique pour Kim Campbell dans une entrevue avec Christiane Charette.

Loin d'être intimidée par la controverse autour de la photographie, Kim Campbell réplique à ses détracteurs qu'ils n'ont « aucun sens de l'humour ». Elle affirme que le fait d'exposer ses épaules nues n'est aucunement déplacé ni provocant. La photographie lui apparaît plutôt comme la « belle image d'une femme assurée, à l'aise dans sa féminité », confie-t-elle aux médias.

La photo attire l'attention sur la ministre Campbell, qui se retrouve favorite dans la course à la succession de Brian Mulroney. Certains journalistes parlent de « campbellmanie » ou de « phénomène Campbell ». La franchise avec laquelle elle aborde des sujets personnels tels que la solitude d'une femme en politique lui attire la sympathie de nombreux électeurs.

Divorcée deux fois, sans enfant, Kim Campbell se prononce en faveur du droit à l'avortement dans sa province natale et milite en faveur d'un Canada « pour tous ». Elle est l'une des premières femmes en politique à aborder ouvertement des thèmes comme la contraception ou la solitude liée au pouvoir.

Elle en déconcerte plus d'un par son franc-parler et son humour qui tranchent avec son apparence conventionnelle. Protestant face à ceux qui la comparent à Margaret Thatcher, Kim Campbell se distancie de cette image rigide des femmes en politique et tente d'apporter sa touche personnelle et de briser le moule. Elle se plaît à répéter : « Je ne suis ni Maggie Thatcher, ni Golda Meir, ni Indira Gandhi, je suis moi. »

« La Madonna du Canada »

• Plusieurs journalistes ont comparé l'engouement pour Kim Campbell à la vague de trudeaumanie qui a soulevé le pays en 1968. La comparaison avec l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau ne s'arrête pas là : en effet, tous deux ont fréquenté la London School of Economics et ont été propulsés au ministère de la Justice en dépit de leur peu d'expérience politique. Comme Trudeau, Kim Campbell parle plusieurs langues, dont le russe. Très cultivée, elle est parfois taxée d'élitisme. La ministre est décrite comme étant « drôle, charmante, combative » mais aussi parfois « cinglante », qualificatifs souvent attribués à Pierre Trudeau.

• En 1985, Kim Campbell rencontre celui qui deviendra son second époux, Howard Eddy, un avocat d'origine américaine. Le couple vit sur un bateau amarré à la marina de Sidney, sur l'île de Vancouver. Toutefois, la carrière de Kim Campbell en politique fédérale lui coûtera son mariage. Elle se sépare en 1991. Dans quelques entrevues, elle fera allusion à « l'indescriptible solitude » qui accompagne son ascension politique.

• Jeune photographe native de la Colombie-Britannique, Barbara Woodley amorce en 1989 le projet de photographier des Canadiennes s'étant illustrées dans divers domaines : sports, arts, politique. Pendant trois ans, l'artiste parcourt le pays et photographie ces femmes d'envergure. Le projet se termine par la tenue d'une exposition intitulée Portraits : Canadian Women in Focus et donne aussi un livre, celui par lequel le scandale est arrivé. En 1993, les photographies sont acquises par les Archives nationales grâce à un don de la brasserie Labatt.

« La Madonna du Canada »

Média : Radio

Émission : En direct

Date de diffusion : 26 février 1993

Ressource(s) : Jacques Bissonnet, Christiane Charette

Durée : 6 min 46 s

Photo de Kim Campbell avec la permission de Barbara Woodley

Dernière modification :
31 mai 2006


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