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Broadbent démissionne
Date de diffusion : 4 mars 1989
Le 4 mars 1989, après 14 ans à la tête du NPD, Ed Broadbent tire sa révérence. C'est avec la gorge nouée qu'il fait l'annonce de sa démission devant l'auditoire du conseil fédéral du parti à Toronto. Bien que les élections de l'automne 1988 aient apporté aux néo-démocrates un nombre record de 43 sièges à Ottawa, Broadbent invoque son incapacité à placer son parti à l'avant-scène de la politique fédérale pour justifier son départ.Le chef sortant conserve son poste jusqu'à l'élection d'un nouveau leader au congrès du NPD en décembre 1989. Audrey McLaughlin succédera à Broadbent.
Au cours de l'année 1988, les néo-démocrates continuent de surfer sur la vague de popularité de l'été précédent. En fait, le NPD profite des déboires du gouvernement conservateur aux prises avec une série de scandales et de l'impopularité du chef John Turner chez les libéraux.
Grâce à la signature de l'entente du lac Meech et de l'accord de libre-échange avec les États-Unis, les conservateurs réussissent à garder le pouvoir lors des élections générales du 21 novembre 1988. Les tories remportent une confortable majorité de sièges : 169 contre 83 pour les libéraux. Avec 43 députés élus, le NPD récolte le plus grand nombre de sièges de son histoire.
Les néo-démocrates obtiennent également le taux de suffrages le plus élevé de leur histoire, avec 20,4 %, contre 43 % pour les conservateurs et 31,9 % pour les libéraux. Malgré ces excellents résultats, Ed Broadbent espérait mieux, compte tenu des sondages favorables avant les élections. Il souhaitait porter son parti au pouvoir ou représenter l'opposition officielle à tout le moins.
C'est le thème d'un nouveau traité de libre-échange entre le Canada et les États-Unis qui a dominé cette campagne électorale. Le débat télévisé entre les trois chefs a suscité d'ailleurs un vif intérêt auprès des Canadiens.
Les néo-démocrates font campagne contre l'accord de libre-échange. Broadbent estime que cette entente nuit à la capacité du pays de contrôler son propre développement économique et ses ressources énergétiques, et qu'elle profite aux investisseurs américains.
Les électeurs opposés au libre-échange dans l'ouest du pays votent pour le NPD, alors que dans l'Est, ils choisissent plutôt les libéraux. Malgré l'appui majoritaire des Canadiens, les conservateurs n'obtiennent une majorité de sièges qu'au Québec et en Alberta. De leur côté, les libéraux font aussi des gains substantiels par rapport à l'élection de 1984, où ils n'avaient récolté que 40 circonscriptions.
Broadbent démissionne
• Ed Broadbent a été le troisième chef du NPD, après Tommy Douglas et David Lewis. Audrey McLaughlin remplace Broadbent et devient la première femme au pays à diriger un parti fédéral. McLaughlin quitte en 1995 pour laisser sa place à une autre femme, Alexa McDonough. L'actuel chef du NPD, Jack Layton, entre en fonction en janvier 2003.• Depuis son entrée en politique, Ed Broadbent a toujours prôné une économie mixte, c'est-à-dire un mélange entre une économie de marché, basée sur des capitaux privés, et un soutien de l'État dans des secteurs précis d'activité. Broadbent souhaite ainsi stimuler l'emploi et les secteurs d'activité en question, contrôler les ressources naturelles, et conserver une emprise sur l'économie nationale en limitant l'appétit des investisseurs étrangers.
• Le 19 octobre 1982, un discours prononcé à Hamilton par Ed Broadbent annonce un changement profond dans la ligne du Parti. Pour la première fois depuis la fondation du NPD, le chef ne parle plus de redistribution mais de création de la richesse. Broadbent soulève l'importance de définir une stratégie industrielle, d'adopter des mesures de réforme fiscale pour accroître les revenus, de stimuler le développement économique, d'éviter l'augmentation du déficit et de l'endettement national. Des idées qui s'écartent des concepts keynésiens de l'État-providence, dont le NPD a toujours vanté les bienfaits.
Broadbent démissionne
Média : Télévision
Émission : Téléjournal
Date de diffusion : 4 mars 1989
Invité(s) : Ed Broadbent, Roland Morin, Svend Robinson
Ressource(s) : Catherine Bergman, Suzanne Laberge
Durée : 3 min 07 s
Dernière modification :
16 mai 2005
Télévision
5 min 02 s
Le milieu social, la vie familiale et le parcours universitaire d'Ed Broadbent forgeront son idéologie et sa personnalité politique.
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Broadbent démissionne.
Les Archives de Radio-Canada.
Société Radio-Canada.
Dernière mise à jour : 16 mai 2005.
[Page consultée le 13 février 2012.]