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Accueil · Politique · Langue et culture · Le français au travail : une question épineuse

Le français au travail : une question épineuse

Date de diffusion : 12 janvier 1973

La langue du travail et des affaires constitue l'un des enjeux majeurs de la bataille linguistique au Québec. Le peu de mesures préconisées par le projet de loi 63 en 1969 fait monter la tension d'un cran, tandis que Robert Bourassa, premier ministre depuis 1970, tarde à remplir sa promesse électorale de faire du français la langue du travail.

En janvier 1973, une quinzaine d'invités débattent de manière très animée de la situation du français au travail en présence de l'animateur Pierre Nadeau.

De nombreux observateurs de l'époque constatent une amélioration sensible en matière de la langue du commerce depuis les débuts de la Révolution tranquille. Les francophones peuvent désormais être servis dans leur langue dans de nombreux magasins, et le français trouve sa place dans la publicité.

Mais la situation est tout autre dans le monde des affaires, où dominent encore une classe dirigeante et un encadrement essentiellement anglophones, et où l'anglais demeure la principale langue de communication.

Déjà, au début des années 1970, des hommes d'affaires mettent le Québec en garde. De grandes entreprises pourraient déménager leurs sièges sociaux à l'extérieur de la province si des mesures législatives et coercitives devaient régir l'usage de la langue au travail.

Les opposants d'une telle politique, dont fait partie le Conseil du patronat du Québec, estiment que la francisation des entreprises est une utopie dans une Amérique du Nord majoritairement anglophone et qu'elle isolerait le Québec.

Le français au travail : une question épineuse

• Après la Conquête de 1760, les Britanniques dominent l'économie dans l'ancienne Nouvelle-France. La ville, lieu du commerce et des affaires, est leur fief, tandis que les Canadiens français vivent surtout en milieu rural.

• À compter du 19e siècle, l'industrialisation, la forte croissance démographique de la population québécoise francophone et la raréfaction des terres agricoles disponibles poussent les habitants vers les villes. Peu instruits, ceux-ci viennent gonfler les rangs de la classe ouvrière et n'ont d'autre choix que d'apprendre l'anglais s'ils veulent s'intégrer au milieu du travail.

• Une enquête menée par la commission Gendron en 1971 rapporte que cette année-là 77,7 % des travailleurs au Québec sont francophones, tandis que 14,7 % sont anglophones, et que 64 % des francophones et 63 % des anglophones travaillent dans leur langue maternelle.

• Selon cette enquête, l'usage du français domine chez les travailleurs des secteurs primaire et secondaire, celui de l'anglais chez le personnel cadre et la main-d'œuvre qualifiée. Le bilinguisme quant à lui, est répandu dans le secteur tertiaire.

Hydro-Québec fait figure de précurseur en matière de francisation. En 1963, lors de la construction du barrage Manic-Outardes, la société fait du français la langue d'usage à tous les niveaux de l'entreprise. Les termes techniques sont traduits et les rapports rédigés en français. La majorité des employés et des dirigeants sont francophones.

Le français au travail : une question épineuse

Média : Télévision

Émission : Le 60

Date de diffusion : 12 janvier 1973

Invité(s) : François-Albert Angers, Gaston Cholette, Nicolas Ciamarra, Ross Corbet, Fernand Daoust, Jim Doyle, Marcel Fox, Gérald Godin, Arlette Kingwell, P. J. Kingwell, H. S. Malka, Luce Martin, Jérôme Métellus, Charles Perrault, Noël Pérusse, Jean-Louis Tassé, Manon Vennat

Ressource(s) : Pierre Nadeau

Durée : 30 min 37 s

Audio d'une émission de télévision

Dernière modification :
7 juin 2006


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