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Militer pour garder sa langue

Date de diffusion : 7 avril 1991

En 1987, le député néo-démocrate Léo Piquette pose une question en français lors des débats de l'Assemblée législative. Le président de l'Assemblée insiste alors pour qu'il s'adresse aux autres députés en anglais. L'altercation défraie la manchette des journaux à travers le Canada.

Comme l'explique la journaliste Claudine Bourbonnais dans ce reportage, « l'affaire Léo Piquette a sorti les revendications des Franco-Albertains de la clandestinité ». Pour le député, auquel l'incident aura coûté son siège, les Franco-Albertains ont peut-être « perdu une bataille, mais ils n'ont pas perdu la guerre ».

Sommé de s'excuser auprès du président de l'Assemblée législative pour s'être exprimé en français, le député Léo Piquette refuse de s'exécuter. Le 1er décembre, l'organisme Francophonie jeunesse de l'Alberta invite les Franco-Albertains à descendre dans les rues d'Edmonton afin de protester contre le gouvernement et réclamer le respect de leurs droits linguistiques. Les 500 manifestants scandent « On veut nos droits! », en guise d'appui au député Piquette.

L'affaire Piquette a permis d'aviver le militantisme de la communauté franco-albertaine, souvent paralysée par la peur, la « psychologie d'assimilation » qu'elle doit surmonter.

La Loi sur les Territoires du Nord-Ouest, adoptée en 1877, prévoit l'utilisation facultative du français et de l'anglais à l'Assemblée législative. Lorsque l'Alberta devient une province en 1905, cette loi n'a pas été abrogée et demeure donc toujours en vigueur. Ainsi, le français a été banni illégalement de la législature albertaine. Afin de pallier cette erreur juridique, le Parlement provincial adopte, en 1988, le projet de loi 60 (Languages Act) qui fait de l'Alberta une province unilingue anglaise.

Militer pour garder sa langue

• Selon les règlements de l'Assemblée législative de l'Alberta, un député doit fournir un avis préalable de deux heures au président de la Chambre pour pouvoir s'y exprimer en français. Ce délai doit permettre de demander les services d'un traducteur.

• Depuis 1990, les Franco-Albertains ont droit à un procès en français en matière criminelle. La loi linguistique de l'Alberta, adoptée en 1988, reconnaît le droit de s'exprimer en français ou en anglais devant un juge dans les tribunaux de juridiction civile. Un citoyen ne peut toutefois exiger que le jugement soit rendu en français.

• Le 16 mars 1999, le gouvernement albertain crée le Secrétariat aux affaires francophones, dont le mandat vise à faciliter les relations entre la communauté franco-albertaine et le gouvernement provincial.

Militer pour garder sa langue

Média : Radio

Émission : Dimanche magazine

Date de diffusion : 7 avril 1991

Invité(s) : Randy Boissonneau, Julien Forcier, Reid Gauthier, Hilaire Ladouceur, Anne-Marie Lisière, Raymonde Ménard, Léo Piquette

Ressource(s) : Claudine Bourbonnais

Durée : 13 min 07 s

Dernière modification :
14 octobre 2008


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