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CBC Digital Archives

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Période : 1944 - 2000

L'espionnage au Canada décodé

Au Canada, les services de renseignement, moins puissants que ceux de certains pays occidentaux, existent depuis le milieu du 19e siècle. Loin de ressembler au mythique espion 007, l'agent de renseignement est un fonctionnaire chargé de collecter des informations susceptibles de troubler l'ordre public et la sécurité d'un État sur la scène nationale et internationale.

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Le Centre de sécurité et des télécommunications

Date de diffusion : 20 mars 1989

Le Centre de la sécurité des télécommunications (Communications Security Establishment) est un service de renseignement électronique ultrasecret. Les informations à son sujet sont donc rares et confidentielles. Ses origines remontent à la Seconde Guerre mondiale, mais sa dénomination actuelle date de 1975. Les informations recueillies par le CST sont transmises au premier ministre, tandis que son budget dépend du ministère de la Défense nationale.

Officiellement le CST se définit lui-même comme « un organisme de l'administration fédérale qui offre des solutions de sécurité des technologies de l'information au gouvernement du Canada ». Mais selon les révélations de Mike Frost, un ancien employé de l'organisme, il se livrerait aussi à l'écoute électronique des citoyens canadiens, en toute impunité, grâce à son superordinateur Cray. En 2001-2002, le budget du centre est de 106 millions de dollars et son effectif compte environ 1000 employés (source: Centre de sécurité et des télécommunications).

Depuis la Seconde Guerre mondiale, le Canada collabore à l'échange de renseignements avec les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Cette coopération est née de l'accord UKUSA, signé en 1947 entre les États-Unis et la Grande-Bretagne. Aujourd'hui le Centre de la sécurité des télécommunications travaille en étroite collaboration avec la National Security Agency (NSA) des États-Unis, le Government Communications Headquarters (GCHQ) du Royaume-Uni, le Defence Signals Directorate (DSD) d'Australie et le Government Communications Security Bureau (GCSB) de la Nouvelle-Zélande.

Le Centre de sécurité et des télécommunications

• Plusieurs organismes fédéraux possèdent leur propre service de renseignement, tels que les Forces canadiennes, le secrétariat aux Affaires étrangères ou encore Transport Canada. Tous ces services sont coordonnés par les comités consultatifs de renseignements et de la sécurité, le comité interministériel de la sécurité et des renseignements, le Bureau du Conseil privé et un comité du Cabinet présidé par le premier ministre.

• Mike Frost, employé spécialisé en électronique, a travaillé 20 ans pour le CST. En 1994, il publie Moi, Mike Frost, espion canadien, ouvrage dans lequel il révèle que le CST interceptait les communications du gouvernement du Québec dès 1976, après la victoire du PQ, par le biais du réseau Echelon. Selon lui, le gouvernement Trudeau aurait aussi conclu un accord avec la Norvège afin qu'elle intercepte les communications entre les gouvernements français et québécois. Toujours selon Mike Frost, il existe une cellule du CST, dénommée French Problem, chargée de surveiller les activités internationales des souverainistes québécois.

• En 1986, trois superordinateurs Cray se trouvent sur le sol canadien. L'un est utilisé par Environnement Canada au centre de météorologie de Dorval, un autre par l'université de Toronto pour la recherche mathématique, et l'autre par le CST à Ottawa. Le superordinateur du CST peut surveiller 500 millions de mots à la seconde et 20 000 conversations téléphoniques en même temps.

Le Centre de sécurité et des télécommunications

Média : Télévision

Émission : Téléjournal

Date de diffusion : 20 mars 1989

Invité(s) : James Bandford

Ressource(s) : Bernard Derome, Normand Lester

Durée : 3 min 37 s

Dernière modification :
20 décembre 2004


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