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CBC Digital Archives

Accueil · Guerres et conflits · Sécurité nationale · L'espionnage au Canada décodé

Période : 1944 - 2000

L'espionnage au Canada décodé

Au Canada, les services de renseignement, moins puissants que ceux de certains pays occidentaux, existent depuis le milieu du 19e siècle. Loin de ressembler au mythique espion 007, l'agent de renseignement est un fonctionnaire chargé de collecter des informations susceptibles de troubler l'ordre public et la sécurité d'un État sur la scène nationale et internationale.

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Les activités douteuses de la GRC

Date de diffusion : 1er mai 1979

En octobre 1970, le Québec est le théâtre d'actes terroristes. Le Front de libération du Québec (FLQ), mouvement indépendantiste, est sur la sellette. Le gouvernement décrète la loi martiale et élargit les pouvoirs de la GRC. Durant cette période, sans doute mal informés du risque réel de la menace terroriste au Québec, les agents du service de sécurité de la GRC se livrent à des actes illégaux, perpétrés dans l'exercice de leur fonction. Infiltration, vol de documents, ouverture de courriers, perquisitions sans mandat, écoutes électroniques, sont menées tous azimuts sans différencier la dissidence de la subversion.

Au fil des ans, les critères qui déterminent l'existence d'une menace pour la sécurité du pays s'élargissent aux caractéristiques personnelles des individus suspectés, aux groupes et associations qui ne sont pourtant ni soviétiques ni sympathisants communistes. Les activités séparatistes de personnes ou de groupes politiques, comme le Parti québécois ou le FLQ, sont surveillées de près par la GRC. En effet, les activités indépendantistes québécoises sont perçues comme potentiellement menaçantes pour la sécurité, selon le rapport de la commission d'enquête sur les activités de la gendarmerie royale du Canada, déposé en août 1981.

Un agent de la GRC, Robert Samson, révèle qu'il a « cambriolé les locaux de l'Agence de presse libre du Québec, composée de jeunes idéalistes de gauche », comme le mentionne le journaliste Normand Lester, chargé des enquêtes spéciales à Radio-Canada, dans son livre Enquête sur les services secrets. Ces déclarations entraînent la mise en place de la commission d'enquête Keable, sous l'impulsion du gouvernement québécois.

Créée en 1977, la commission Keable est chargée de se pencher sur les activités illégales de la GRC au Québec. Mais la Cour suprême déclare l'incompétence de la commission à enquêter sur l'administration d'un organisme fédéral. On crée alors une autre commission, fédérale, présidée par le juge McDonald. Son rapport mentionne l'infiltration, au plus haut niveau, d'informateurs de la GRC au Parti québécois.

Les activités douteuses de la GRC

• En 1966, le premier ministre Pearson institue une commission d'enquête sur la sécurité, dirigée par Maxwell Mackenzie. Le rapport de la commission recommande la scission des fonctions de police et de renseignement de la Gendarmerie royale du Canada.

• Jusqu'en 1981 le contre-espionnage et la sécurité du Canada sont sous la houlette des services de sécurité de la GRC.

• Dans son livre, Pleins feux sur les services secrets canadiens, Richard Cléroux mentionne l'obstruction du gouvernement Trudeau à l'encontre du travail de la commission Keable : « Le gouvernement fédéral cacherait des preuves, refuserait de remettre certains documents à la commission sous prétexte qu'ils pourraient compromettre la sécurité de l'État (…) Le premier ministre Trudeau et tous ses ministres refuseraient de témoigner publiquement devant la commission. De même le gouvernement contesterait devant les tribunaux la compétence de la commission Keable et attaquerait publiquement son intégrité. »

Les activités douteuses de la GRC

Média : Télévision

Émission : Nouvelles

Date de diffusion : 1er mai 1979

Invité(s) : Francis Fox, Jean Keable, Jean-Claude Leclerc, Geoffrey Stevens, Pierre Elliott Trudeau, Milton Viorst

Ressource(s) : Raymonde Provencher

Durée : 12 min 03 s

Dernière modification :
20 décembre 2004


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