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Le camp de Trois-Rivières : une prison dorée?

Date de diffusion : 15 juin 1975

Le camp de Trois-Rivières est situé dans un immense complexe sportif aménagé par la Ville dans les années 1930 et loué au ministère de la Défense nationale. Ouvert en juin 1940, il ferme ses portes en septembre de la même année.

Le docteur Conrad Godin, dentiste au camp, évoque les conditions de détention des prisonniers de guerre. Ces derniers étaient bien traités, raconte le docteur Godin. La nourriture au camp était excellente car le cuisinier en chef du Drummond, un navire allemand, était détenu au camp de Trois-Rivières.

Le quotidien des détenus est agrémenté par divers loisirs organisés par les soldats. Dans plusieurs camps, des matchs de soccer ou de hockey sont disputés par les détenus. Des activités culturelles sont également mises sur pied : des prisonniers forment une troupe de théâtre ou un orchestre et présentent des spectacles. Les militaires captifs peuvent acheter divers produits, telles des cigarettes, à la cantine du camp. Ils ont également accès à une bibliothèque et sont autorisés à envoyer et recevoir du courrier.

En vertu de la convention de Genève sur le traitement des prisonniers, ces derniers peuvent porter leur uniforme et recevoir des uniformes de rechange d'Allemagne par l'intermédiaire de la Croix-Rouge internationale. Les gradés arborent leurs insignes d'officiers.

Dans chacun des camps, les prisonniers allemands reconstituent un microcosme de la hiérarchie militaire avec son chef, ses assistants, ses exécutants. Un conseil d'honneur est formé par les officiers et fait office de tribunal parallèle. Généralement, le prisonnier le plus haut gradé devient le leader du camp. C'est lui qui coordonne les plans d'évasion.

Le camp de Trois-Rivières : une prison dorée?

• Le 27 juillet 1929 est adoptée la convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre. Signée par les représentants de 47 États, celle-ci régit la captivité en temps de guerre.

• L'article 2 de la convention de Genève stipule que « les prisonniers doivent être traités en tout temps avec humanité ». L'article 3 assure le « droit au respect de leur personnalité et de leur honneur ».

• Les dispositions de la convention de Genève précisent les conditions de détention des prisonniers de guerre. En vertu de l'article 10, la « puissance détentrice » se doit d'assurer le logement des détenus dans des bâtiments « présentant toutes garanties possibles d'hygiène et de salubrité ». La ration alimentaire doit également être suffisante. L'usage du tabac est autorisé.

• En novembre 1945, la Croix-Rouge visite les camps de prisonniers à travers le Canada. Le rapport note que l'état de santé des détenus est dans l'ensemble satisfaisant.

• Au printemps 1944, les autorités militaires décident de tourner un film afin de démontrer que les prisonniers allemands détenus au Canada sont traités de façon exemplaire. Cette mission est confiée à John Grierson, président de l'Office national du film. Au printemps 1944, l'équipe de tournage fait son entrée dans le camp de Sherbrooke, lieu choisi par l'ONF.

• Le film illustrant la vie quotidienne des prisonniers doit être envoyé en Allemagne. Le document à saveur propagandiste donne l'impression que les détenus passent un séjour dans un camp de vacances. On ignore si le film a été visionné par les autorités militaires allemandes.

Le camp de Trois-Rivières : une prison dorée?

Média : Radio

Émission : La Vie quotidienne des Québécois de 1939 à 1945

Date de diffusion : 15 juin 1975

Invité(s) : Conrad Godin

Ressource(s) : Jean Paré

Durée : 6 min 41 s

Dernière modification :
19 janvier 2005


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