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CBC Digital Archives

Accueil · Guerres et conflits · Guerre du Vietnam · Le Canada et la guerre du Vietnam : drôle de diplomatie

Période : 1954 - 1973

Le Canada et la guerre du Vietnam : drôle de diplomatie

Fort de sa réputation de gardien de la paix, le Canada se targue de son impartialité pendant la guerre du Vietnam, qui se déroule de 1964 à 1975. Mais sa position est plus complexe qu'il n'y paraît. Certes, il n'envoie pas de soldats au front, il participe aux efforts de paix et achemine de l'aide humanitaire. Mais sous le couvert de cette apparente neutralité, il contribue à l'effort de guerre de plus d'une façon.

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Un médiateur impartial?

Date de diffusion : 15 février 1967

Au moment où le secrétaire d'État aux affaires extérieures, Paul Martin père, accorde cette entrevue à Alain Hogue en février 1967, la guerre qui sévit au Vietnam est en pleine escalade. Depuis deux ans, les États-Unis bombardent massivement le nord du pays et affirment qu'ils ne négocieront la paix avec Hanoi que lorsque les forces communistes se retireront du Sud Vietnam. De son côté, Hanoi exige notamment que les Américains cessent leurs bombardements intensifs avant d'entamer les pourparlers. C'est un véritable dialogue de sourds au cœur duquel le Canada tente de trouver sa place, sans succès.

Les propos de Paul Martin père témoignent bien de la position canadienne d'alors. D'un côté, le Canada cultive sa réputation de gardien de la paix en confiant à des représentants canadiens la tâche de favoriser les négociations entre Washington et Hanoi. De l'autre, il refuse de condamner ouvertement la politique guerrière américaine. Le Canada ne semble pas non plus trouver contradictoire la vente de matériel militaire aux États-Unis et sa participation, présumée neutre, à la Commission internationale de surveillance et de contrôle au Vietnam (CISC).

La CISC est créée par les accords de Genève en 1954. Hormis le Canada, elle est formée d'un pays communiste, la Pologne, et d'un État neutre, l'Inde. Elle doit veiller, sans parti pris pour le Sud ou le Nord, à l'application des accords de Genève. Mais c'est l'époque de la Guerre froide. Le communisme, dit-on à l'Ouest, menace le monde libre. En outre, le Canada a des intérêts économiques en Asie du Sud-Est, et la guerre peut lui permettre de tirer profit d'alliances commerciales et de défense conclues avec son voisin américain...

Un médiateur impartial?

• Hanoi est la capitale du Nord Vietnam et le fief des forces communistes menées par Hô Chi Minh jusqu'à sa mort en 1969. Saigon, capitale du Sud, est le château fort du gouvernement soutenu par les Américains. Au lendemain de la victoire communiste en 1975, Saigon est renommée Hô Chi Minh-Ville et devient la capitale du Vietnam réunifié.

• Lorsque le Canada consent à participer à la Commission internationale de surveillance et de contrôle (CISC) en 1954, il manifeste déjà de l'intérêt pour l'Asie du Sud-Est, une région riche en matières premières. Avant 1954, le Canada soutient d'ailleurs la France qui tente, dans un dernier sursaut, de conserver sa mainmise sur l'Indochine, en lui acheminant du matériel militaire dans le cadre du programme d'aide de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

• En juillet 1954, la France et Hanoi signent les accords de Genève, qui mettent un terme à plus de cent ans d'occupation française en Indochine. L'Indochine française était formée de la Cochinchine, de l'Annam et du Tonkin, soit l'actuel Vietnam, ainsi que du Cambodge et du Laos.

• Les accords de Genève prévoient, entre autres, une partition temporaire du Vietnam en deux États, jusqu'à la tenue d'élections libres en 1956. Celles-ci doivent déterminer qui du gouvernement du Nord, communiste, ou du Sud, proaméricain, dirigera le destin du Vietnam réunifié. Elles doivent être placées sous l'égide de la Commission internationale de surveillance et de contrôle (CISC), mais n'auront finalement jamais lieu.

• Le gouvernement Diêm, au Sud, ne reconnaît pas les accords de Genève et refuse de les signer. En 1955, il proclame une république du Vietnam, censée représenter l'ensemble des Vietnamiens. Les affrontements entre le Nord et le Sud s'accroissent. En violation des accords, les États-Unis introduisent peu à peu du matériel et des effectifs militaires au Sud Vietnam. Jugeant le régime de Saigon inapte à contrer le communisme, les Américains entrent définitivement en guerre en 1964, avec pour prétexte l'incident du golfe du Tonkin.

Un médiateur impartial?

Média : Radio

Émission : Présent 1re édition nationale

Date de diffusion : 15 février 1967

Invité(s) : Paul Martin

Ressource(s) : Henri Bergeron, Alain Hogue

Durée : 4 min 23 s

Dernière modification :
2 septembre 2004


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